Le premier site 100% Ligue 2

Nos actualités

AS Nancy Lorraine - 10 juin 2018 Clovis Canivenc 0 commentaire

Portrait – Youssouf Hadji, le départ du grand frère de Nancy

A 38 ans, Youssouf Hadji a décidé de prendre sa retraite, en mai dernier, dans son club de toujours, l’AS Nancy-Lorraine. Deuxième meilleur buteur de l’histoire de l’ASNL, il aura marqué d’une empreinte indélébile le club au Chardon.

Le 9 mai dernier, Youssouf Hadji annonçait qu’il arrêtait sa carrière à l’issue de la saison 2017-2018. Il ne lui restait alors qu’une ultime mission : sauver l’AS Nancy-Lorraine de la relégation en National 1. Quelques jours plus tôt, il aurait pu enfiler le costume de héros mais le Paris FC avait pris l’avantage dans le temps additionnel (2-1). Ce n’était que partie remise. Lors de la 38e journée, il ouvrait le score sur penalty contre Orléans et mettait son équipe sur les rails du maintien (3-0). « Je pensais qu’il allait continuer. Il en avait la légitimité en tout cas. Même à 38 ans, il était toujours aussi efficace. Dans un vestiaire, il était écouté et important. Je pense qu’il est parti avec le sentiment du devoir accompli en ayant laissé Nancy en Ligue 2 », souligne son coéquipier, Anthony Robic, pour MaLigue2. Son travail accompli, il pouvait s’en aller l’esprit libéré et sous une dernière ovation du stade Marcel-Picot. A 38 ans et après deux dernières saisons éprouvantes, il s’offrait une sortie idéale avec ce maintien à Nancy, là où tout a commencé pour lui.

A lire aussi >> Bilan – Nancy : Un maintien in extremis, avant la fin d’une époque

« Il y avait du Mustapha chez lui »

Né à Ifrane, au Maroc, Youssouf Hadji arrive en France à l’âge d’un an et sa famille s’installe à Creutzwald, en Moselle. Pendant qu’il débute le foot dans le club local, son frère, Mustapha, devient un des meilleurs joueurs de l’ASNL et participe même à la Coupe du Monde 1994 aux États-Unis. Difficile dès lors pour Youssouf de se faire une place et d’être légitime lorsqu’il se fait repérer par le club lorrain en 1997. « J’avais bossé avec Mustapha et quand Youssouf est arrivé, il y a une chose qui me marquera à jamais, c’est que la majorité du staff était sceptique. Je me suis tellement battu pour le faire venir qu’on a fini par me dire : « On le prend juste sur son nom » »explique Rachid Maatar. Et pourtant les similitudes ne s’arrêtaient pas au nom de famille selon l’ancien directeur du centre de formation de Nancy. « Quand il est arrivé, j’ai tout de suite vu qu’il y avait du Mustapha chez lui. Le même profil, la même dégaine, les mêmes qualités et capacités… ». Deux ans plus tard, il fait ses débuts professionnels avec Nancy en entrant en jeu à Sochaux. Il joue alors les dernières minutes de cette rencontre aux côtés d’un certain Pablo Correa.

Pablo Correa, la rencontre décisive

Souvent remplaçant lors de sa deuxième année professionnelle, Youssouf Hadji va « profiter » de la descente en Ligue 2 de l’AS Nancy-Lorraine pour s’imposer dans le secteur offensif. Il inscrit 13 buts en trois saisons mais la situation du club au Chardon ne parvient pas à remonter dans l’élite. Pire même, il se retrouve lanterne rouge lors de la saison 2002-2003. Jacques Rousselot fait alors appel à l’ancien buteur vedette qui a pris sa retraite en 2000 : Pablo Correa. Pour ses débuts sur un banc d’entraineur, l’Uruguayen sauve l’ASNL de la relégation en faisant de l’attaquant marocain son leader technique. Mais à 23 ans, la deuxième division devient trop petite pour le talent d’un Youssouf Hadji, qui souhaite retrouver la Ligue 1. Il s’en donc à Bastia où ses statistiques continuent de grimper. Puis à Rennes qui dispute la Coupe UEFA mais l’expérience bretonne ne se passe pas comme prévu. Rarement titulaire, il revient dans son club formateur à l’hiver 2007.

Depuis son départ, Pablo Correa a fait remonter Nancy en Ligue 1 et a remporté une Coupe de la Ligue. Mais il compte toujours autant sur le Lion de l’Atlas et va en faire un homme clé pendant cinq saisons. Et il va surtout le repositionner définitivement dans l’axe de l’attaque alors qu’il jouait dans un couloir depuis ses débuts. « J’ai vu l’évolution chez lui. Cette expérience de joueur aguerri en Ligue 1 après ses passages à Bastia et Rennes. Il avait vraiment franchi un cap en côtoyant la Ligue 1. Il avait déjà l’âme d’un buteur, techniquement et dans la finition, donc c’était une évidence qu’il était plus à l’aise dans l’axe », détaille Monsef Zerka, joueur nancéien de 1998 à 2009. Youssouf Hadji va alors rendre la confiance de son coach en étant le meilleur buteur de l’ASNL chaque saison de 2007 à 2011 (37 buts en tout). « Pablo avait un bon feeling avec Youssouf. Il l’a vraiment mis en valeur, ajoute Rachid Maatar. Youssouf a besoin d’être en confiance et il lui faut un feeling extra avec son entraîneur. Quand ça se passe bien, il vous le rend au centuple ». Devenus très proches au fil des années, ils se tutoieront même, chose rare entre un joueur et son coach. En 2011, lorsque Pablo Correa annonce son départ de Nancy, Youssouf Hadji lui emboîte le pas quelques semaines plus tard.

« Une grande star au Maroc »

A 31 ans, il décide de retenter sa chance au Stade Rennais pour effacer son premier échec. Il n’y parviendra qu’en partie en inscrivant 8 buts en 38 matchs toutes compétitions confondues. C’est lors de cette saison 2011-2012 qu’il est appelé pour la dernière fois en sélection marocaine. International depuis 2003, les Lions de l’Atlas représentaient un rêve pour lui selon son ancien coéquipier à Nancy et en sélection, Monsef Zerka :« Outre le fait que son grand frère avait joué en sélection, c’était un rêve. C’est quand même une grande star au Maroc. Certaines personnes pensaient qu’il profitait de la notoriété de son frère mais il a réussi à faire sa place et à être aussi connu que son grand frère. Quand on a des gens de sa propre famille qui ont côtoyé le haut-niveau, c’est parfois compliqué. Mais Youssouf a parfaitement réussi à se dissocier de son grand frère ».

Le plus grand exploit de la carrière de Youssouf Hadji est peut-être celui d’avoir réussi à sortir de l’ombre de son aîné, Ballon d’or africain en 1998. « Youssouf n’a pas eu besoin de Mustapha pour montrer que c’était un Hadji. En France et dans le monde, quand on parle d’Hadji, on parle de Mustapha et de Youssouf. Il n’y a pas un des deux prénoms qui sort en premier. Et ce n’est pas faire ombrage à Mustapha que de dire que Youssouf l’a largement dépassé dans le cœur des Nancéiens », affirme Rachid Maatar. Le seul regret que pourra avoir Youssouf Hadji avec le Maroc est, sans doute, de ne pas avoir gagné la CAN 2004 ou de ne pas s’être qualifié pour le Mondial 2006.

Le grand frère de l’ASNL

Après des expériences exotiques au Qatar et en Turquie, le Franco-Marocain fait son deuxième comeback à l’AS Nancy Lorraine, en 2014, à 34 ans. Avec l’objectif de faire remonter le club en Ligue 1. Et là encore, il va remplir sa mission. Après deux saisons et 22 buts, le club lorrain remporte le titre de champion de France de Ligue 2. Son seul trophée soulevé avec l’ASNL. Un petit regret également de ne pas avoir été présent en 2005 pour la Coupe de la Ligue ou de ne pas avoir emmené le club en Ligue des Champions en 2008. Mais le deuxième meilleur buteur de l’histoire et le troisième joueur le plus capé fait bien évidemment partie de la légende du club au chardon rouge. Et dans le cœur des supporters nancéiens comme David Cosenza, le président du Saturday FC :« Youssouf, c’est monsieur qui met des buts. Il nous a sauvé de beaucoup de situations désespérées. Il finit encore meilleur buteur du club cette année. Nous avons un grand respect pour lui. C’est un super gars, qui venait toujours nous voir, même quand ça n’allait pas. Il a marqué l’histoire du club et il restera longtemps deuxième meilleur buteur du club derrière Platini. Le football perd un grand joueur ».

Portant le brassard de capitaine lors de ses dernières années à Nancy, Youssouf Hadji n’est pas du genre gueulard mais plutôt grand frère qui rassure tout le monde dans le vestiaire. « Il est toujours souriant, joyeux. Quand ça va mal dans l’équipe, il a ce sourire pour redonner le moral à tout le monde. Le mot que tout le monde dit c’est : “Youssouf, c’est un grand frère” », confie Monsef Zerka. Désormais retraité, il va pouvoir profiter du soleil au Maroc avant de replonger dans le foot. La suite ? Il souhaite passer ses diplômes d’entraîneur avant, pourquoi pas, un troisième retour au sein de son club de cœur. Mais cette fois-ci sur un banc.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nos partenaires

Ligue de Football Professionnel
LiveFoot.fr
parissportifcanada.ca
http://www.nordsports-mag.com/
Eco Foot
Super Football Club
Image sport