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Grenoble – Maurizio Jacobacci, le point de non-retour

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Mis à pied à titre conservatoire ce mardi par le Grenoble Foot 38, 15e de Ligue 2. Maurizio Jacobacci est remplacé temporairement par son ex-adjoint Frédéric Guéguen. Après trois défaites consécutives, il paie aussi un début de saison raté et un style de communication particulier.

20 matches officiels, c’est tout ce qu’aura duré le mandat de Maurizio Jacobacci à Grenoble. Mis à pied ce mardi par le club isérois, l’entraîneur italien, sauf improbable retournement de situation, ne reverra pas de sitôt le banc de touche du Stade des Alpes. Son bilan : sept victoires, trois nuls, dix défaites, une quinzième place de Ligue 2 et une élimination au 8e tour de Coupe de France contre Andrézieux-Bouthéon (National 2). Avec 25 buts encaissés, le GF38 n’affiche la 16e défense du championnat quand la solidité avait fait la force de l’équipe la saison précédente, sous les ordres de Philippe Hinschberger.

C’est peut-être justement dès la transition entre les deux entraîneurs que les graines de l’échec ont été plantées. Après les longues tractations concernant le départ d’Hinschberger à Amiens, la direction du GF38 a dû dégainer très rapidement un remplaçant, sans forcément disposer de beaucoup de choix de profils : Maurizio Jacobacci a été intronisé le 18 juin à cinq jours de la reprise de l’entraînement. Entre mise en place du nouveau projet et ajustement de l’effectif, l’été a été peu fructueux : une seule victoire lors de la préparation (3-2 contre Villefranche) et quatre premières journées catastrophiques (1 point sur 12 possibles).

Le cas Mombris, signe annonciateur ?

Titulaire indiscutable sur le flanc gauche de la défense du GF38, Jérôme Mombris a été la première victime du mauvais début de saison. Après les deux défaites initiales (0-4 contre Paris au Stade des Alpes, puis 0-3 à Auxerre), celui qui évolue désormais à Guingamp s’est retrouvé sur le banc dès la troisième rencontre. Rien d’exceptionnel dans un milieu aussi concurrentiel que le football professionnel. Ce qui est plus rare pour un entraîneur, c’est de pointer du doigt, nommément, les performances d’un joueur. « Jérôme n’a pas joué à cause de son match contre Auxerre. Il sait lui-même que sa prestation n’était pas digne de son vrai niveau de performance. On ne met pas en doute ses qualités, mais son niveau sur ce match-là. Il fait partie du groupe. S’il n’en faisait plus partie, il n’aurait même pas été sur le banc. » déclarait Maurizio Jacobacci le 9 août. Moins de dix jours plus tard, Mombris résiliait son contrat avant de s’engager pour l’EAG.

Mi-octobre, rebelote avec Giorgi Kokhreidze, attaquant de 23 ans arrivé de sa Géorgie natale depuis à peine trois mois. Maurizio Jacobacci le charge sèchement sur sa personnalité et son attitude, alors que ce dernier n’avait eu droit qu’à 15 minutes de jeu à ce stade de la saison.

Ce style de communication, parfois cassant, aura été une des marques de fabrique de l’ancien coach de Lugano (Suisse). Après des matchs manqués, Maurizio Jacobacci n’a pas hésité à mettre ses joueurs en porte-à-faux. Fin novembre, après la claque en Coupe de France contre Andrézieux (0-3), il invitait même certains de ses joueurs à « bien réfléchir à leur avenir ».  Un mois plus tôt, il regrettait un manque d’intelligence tactique de la part de son groupe. Plus récemment, après la défaite à domicile contre Le Havre, il regrettait :  « En ce moment, on est incapable de se créer des occasions. Le deuxième but, on n’a pas le droit de le concéder, on n’est pas assez présents dans notre propre surface, on ne réagit pas assez vite. Je suis déçu car j’attendais plus, plus d’envie, plus de propositions dans la moitié de terrain adverse. On perd des matchs qu’on ne devrait pas perdre, aussi parce qu’on manque de qualités. » Régulièrement, le technicien a semblé remettre en question la valeur intrinsèque de son groupe… Au point de le perdre ? La thèse prenait déjà de l’épaisseur, en début de semaine sur le site Grenoblefoot.info : joueurs « perdus » ou « qui ne comprennent rien »… D’après le site spécialisé, la rupture était consommée entre Jacobacci et les joueurs mais aussi avec le staff technique, échaudé par la volonté du coach de tout « tout prendre en mains ».

Sans aucun doute, il avait perdu les supporters après la lourde défaite à Amiens (1-4). Dans son analyse d’après rencontre, il voyait du positif et n’était pas loin d’être le seul.

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De vraies lacunes au GF38 ?

Derrière la forme, pas toujours conciliante, du discours de Maurizio Jacobacci, n’y a-t-il pas un peu de vrai sur le fond ? Mi-octobre, alors qu’il semblait redresser la barre, il déclarait : « Je devais apprendre à connaître l’équipe, je savais aussi que de bons joueurs allaient partir comme Djitté, Pickel, Benet, Semedo, ce n’est pas rien ! On a recruté mais des joueurs jeunes qui avaient besoin de s’adapter. » Pas rien en effet. avec les départs de Benet (9 buts et 7 passes décisives en 2020/21), Djitte (8 buts) et Semedo (6 buts, 2 passes), Yoric Ravet et Achille Anani se sont retrouvés un peu seuls pour faire tourner le compteur but, alors que David Henen peine encore cette saison à scorer régulièrement. Jusqu’aux dernières heures du mercato estival, Maurizio Jacobacci a réclamé un arrière gauche et un joueur offensif supplémentaire. Pour remplacer Mombris, Alex Gersbach est arrivé. Le dossier de l’attaquant est resté en suspens.  A l’automne, l’entraîneur rappelait ce besoin impérieux et espérait boucler la venue d’un ailier angolais.

Probable que cette absence dans l’effectif ait pu brouiller la communication entre Jacobacci d’une part et les dirigeants, le directeur général Max Marty et le président Stéphane Rosnoblet, d’autre part. Comme avec ses joueurs, le bientôt ex-coach du GF38 n’a pas hésité à étaler ses griefs dans la presse, concernant les infrastructures par exemple :  « A Grenoble, j’ai découvert les infrastructures même si on m’avait dit qu’elles n’étaient pas top. Ce n’est pas un cauchemar mais c’était très difficile à vivre. J’ai pensé qu’il y aurait moins de problèmes. Quand j’ai signé, je ne savais pas qu’on jouerait nos premiers matchs à Gueugnon. »

Crédits photo : Manuel Geisser / Imago.

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