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Entretiens avec joueurs - 04 octobre 2018 Clovis Canivenc 0 commentaire

Entretien ML2 – Malek Chergui : « La chance m’a souri »

Meilleur buteur du Grenoble Foot, Malek Chergui est l’une des révélations du début de saison en Ligue 2. A 30 ans, l’attaquant grenoblois revient de loin puisqu’il fut écarté des terrains pendant près de trois ans de 2014 à 2017, avant de rejoindre le GF38 pour évoluer dans un premier temps avec… la réserve. Pour MaLigue2, il revient sur ses performances actuelles et ce parcours atypique.

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MaLigue2 : On est au quart du championnat, comment est-ce que vous jugez votre début de saison ?

Malek Chergui : On est plutôt content au niveau comptable. L’équipe bosse bien et je pense que ça se reflète sur le terrain. On arrive à avoir de bonnes phases collectives, à proposer du beau jeu.

Quand on regarde le classement, toutes les équipes devant vous, à part Niort, sont armées pour jouer la montée. Est-ce que vous pensez que ce sera difficile de viser plus haut que votre place actuelle ?

Ces équipes-là ont de gros budgets. Nous, on vient de monter et l’objectif, c’est le maintien. Après on a pu voir pendant les matchs qu’on pouvait leur poser beaucoup de problèmes. Ça n’a été pas facile pour eux de venir gagner, je pense notamment à Brest où les deux buts qu’on encaisse sont évitables. On fera les calculs en fin de saison. Pour l’instant, on essaye de prendre le plus de points.

Justement contre Lorient et Brest, vous perdez un peu à l’expérience puisque vous n’étiez pas forcément dominés par ces équipes. C’est ce qui vous manque encore aujourd’hui ?

On est un groupe avec peu de joueurs qui ont connu le monde professionnel. On paye un peu le manque d’expérience mais ça ne va durer qu’un temps. Je pense que les choses vont venir petit à petit. Il y a toujours une phase comme ça dans une saison où les choses ne tournent pas à ton avantage. J’espère que prochainement, elles tourneront en notre faveur.

Le point positif, c’est que vous arrivez à battre des concurrents directs comme le Red Star le week-end dernier. Ce sont des victoires qui vont valoir cher en fin de saison ?

Ce qui est pris n’est plus à prendre. Mais on prend surtout match après match, on n’essaye pas de se projeter en disant : « aujourd’hui, on a tant de points, il nous reste tant de points à prendre… ». L’objectif, c’est vraiment le maintien. On bosse tous ensemble pour y arriver. Et c’est vrai que face à nos concurrents directs, on arrive à faire de bons résultats pour l’instant donc on est content.

Et pourtant cet été ce n’était pas forcément évident que vous alliez faire un bon début de saison puisque Philippe Hinschberger est arrivé tardivement, du coup le recrutement a pris du retard aussi…

Nous, les joueurs, on reste vraiment axé sur le sportif. Ce qu’il s’est passé en dehors, on n’y peut rien, ça ne nous regarde pas. C’est le club qui fait ses choix. Après le recrutement a été bien fait puisqu’on peut voir qu’aujourd’hui quasiment toutes les recrues jouent et ont de l’importance dans l’équipe. Après nous, on est vraiment focus sur le football.

Vous n’avez jamais « paniqué » en voyant que la situation n’était pas très claire quelques jours avant la reprise de l’entraînement ?

Non, il n’y avait pas de panique. On avait une date de reprise, voilà c’est tout. On n’y pour rien dans ce qu’il s’est passé. Le recrutement du coach, ça ne nous regarde pas. Les dirigeants ont fait leur travail. On nous a demandé de rester axé sur le football. Aujourd’hui, on a un coach qui fait de bonnes choses et c’est l’essentiel.

Est-ce que le fait que l’effectif n’ait pas beaucoup bougé et que l’équipe s’appuie sur les joueurs qui sont montés, c’est une force ?

C’est bien que le club ait fait confiance aux joueurs qui étaient déjà là. Ça veut dire que le club est reconnaissant envers ceux qui ont aidé pour la montée. On n’a pas eu beaucoup d’arrivées mais on vient de monter aussi donc il faut faire attention. On sait qu’il y a beaucoup d’équipes qui font l’ascenseur et après tombent dans le trou. Il fallait stabiliser le club. On a eu peu de recrues mais des bonnes recrues.

Justement parmi ces recrues, il y a Youssouf M’Changama, qui fait un super début de saison. On peut d’ailleurs l’associer avec vous et Florian Sotoca. On sent qu’il y a une bonne entente sur le terrain entre vous trois ?

Youssouf, tout le monde le connaît. Ce n’est pas la première saison qu’il fait en Ligue 2. C’est un très bon élément qui est capable de faire beaucoup de bonnes choses techniquement. Flo’ pareil, en étant capable de jouer à plusieurs postes sur le côté ou dans l’axe. Mais ce ne sont pas des individualités, c’est plus un collectif. Quand on voit qu’entre les remplaçants et les titulaires, il y a une super ambiance, c’est la force d’un groupe. Après, c’est vrai que quelques joueurs en particulier ressortent mais c’est vraiment un travail de groupe.

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A titre personnel, vous êtes en grande forme avec déjà quatre buts, pourtant la saison dernière vous étiez plutôt remplaçant en National. Comment vous expliquez ce changement de statut alors que le niveau a forcément augmenté ?

J’ai cru en moi. On m’a offert une opportunité, on m’a dit : « fais du mieux possible et tu seras récompensé ». La saison dernière était particulière parce que j’ai commencé avec le groupe réserve, puis j’ai intégré petit à petit l’équipe première mais plutôt dans un rôle de joker. Aujourd’hui, j’ai la chance d’avoir déjà marqué cinq buts (quatre en championnat et un en Coupe de la Ligue). J’ai de nouveaux objectifs, j’essaye de me concentrer sur mes matchs et d’être le plus décisif possible.

Vous avez un parcours très atypique, vous êtes passé par Lyon et Dijon où vous aviez joué en Ligue 2 et puis vous avez une grave blessure à Cannes en 2014 qui vous éloigné des terrains pendant plusieurs mois. Le monde professionnel vous n’y pensiez plus trop ?

C’est vrai que quand on arrive vers 25/26 ans, qu’on a une grosse blessure et qu’on galère pendant 2/3 ans, ça devient compliqué de penser au monde pro. Surtout quand tu vois que ta blessure n’évolue pas… J’ai eu la chance que les choses tournent dans l’autre sens. J’ai eu la chance d’intégrer un club qui était en train de se reconstruire. La chance m’a souri.

Vous êtes né à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble, vous avez été formé à Grenoble, vous avez connu deux montées (en CFA et en L2), ça pourrait être beau de retrouver la Ligue 1 avec le club de votre ville…

Que demander de plus ! Jouer dans sa ville, dans son club, devant sa famille, dans le plus haut championnat de France, ce serait un rêve. Maintenant entre le rêve et la réalité, il y a un monde. Aujourd’hui, sur cette saison-là, l’objectif c’est vraiment le maintien. Après si on peut aller titiller les équipes de tête, on ne va pas se gêner. C’est vrai que retrouver la Ligue 1, c’est quelque chose d’impensable pour moi. Si ça m’arrive, j’en serai le plus heureux.

Est-ce que quand on revient d’aussi loin, on se dit que c’est déjà très bien d’être arrivé là ou on veut mieux encore avec la Ligue 1, la sélection algérienne…

J’aime bien me donner des objectifs mais des objectifs réalisables. Aujourd’hui, je me concentre sur le championnat. J’essaye de rendre la confiance du coach. Mais si demain, j’ai la chance d’être appelé en sélection, c’est tant mieux pour moi. Je sais que le sélectionneur est axé sur la jeunesse mais si demain, on a besoin de moi, c’est sûr que je répondrai présent. Jouer pour son pays, c’est une grande chose. Je me fixe toujours de nouveaux objectifs pour essayer de repousser mes limites.

Malgré vos 30 ans, vous êtes encore jeune dans le monde professionnel, c’est une chance pour vous…

C’est clair. Connaître tout ça à 30 ans, c’est magnifique. Pour moi, l’âge ça ne reste qu’un chiffre. Mon corps, c’est comme s’il n’en avait que 25 parce que pendant 2/3 ans, je n’ai pas joué. Je rattrape toutes ces années.

Vous avez marqué lors de chacune des trois dernières journées, l’objectif c’est de poursuivre cette série contre Clermont ce vendredi ?

J’aimerais bien continuer sur cette lancée. Mais que ce soit moi qui marque ou autre, l’important c’est de gagner, de ne pas jouer avec le feu. On est vraiment dans un collectif. Chaque week-end, on peut voir que tout le monde est capable de marquer. On a différents buteurs, contrairement à certaines équipes. Tout le monde met sa pierre à l’édifice.

Propos recueillis par Clovis Canivenc

Crédit photo : Julien Diaferia/GF38.

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