Téléchargez notre application Ligue 2

Ligue 2 – Dans le dur, Rodez doit sortir d’une grosse zone de turbulences

Championnat

Dans la difficulté sur le plan sportif et cité récemment dans des affaires extra-sportives, Rodez (16e) se situe en pleine zone de turbulences. Alors que les trois dernières places se sont rapprochées à deux points seulement, le déplacement sur la pelouse de Grenoble (18e) ce samedi dans le cadre de la 28e journée de Ligue 2 apparaît comme crucial pour reprendre le fil d’une saison qui avait pourtant très bien démarré, avant de prendre une mauvaise tournure…

Vendredi 3 décembre 2021. Soit plus de trois mois sans la moindre victoire. Le temps semble long dans ces cas-là. Les doutes s’installent, la confiance s’étiole. La pression monte, aussi. Sur et en-dehors du terrain. C’est actuellement la période noire que vit Rodez. Depuis ce fameux succès de début décembre contre Nîmes (1-0), le RAF reste sur une série de 10 matchs sans victoire (5 nuls, 5 défaites). En 2022, le compteur est même toujours bloqué à zéro cri de guerre dans les vestiaires. Séduisant, dynamique et installé dans la première partie de tableau à la trêve hivernale (8e avec 27 points), le club aveyronnais glisse dangereusement vers le bas de tableau. Aujourd’hui 16e, Rodez ne compte que deux points d’avance sur Grenoble, son prochain adversaire.

Plusieurs grains de sable sont venus enrayer la belle mécanique des six premiers mois. L’été dernier, les dirigeants ont fait le choix de réduire l’effectif en quantité pour gagner en qualité. « Pour que l’effectif reste « viable », cela nécessite que les joueurs échappent à toute forme d’indisponibilité. Le RAF l’a malheureusement appris à ses dépends car sur ce point, il n’a pas été chanceux entre les blessés dans un premier temps, puis l’épidémie de COVID dans un second temps. Jusqu’à ce mois de janvier, le RAF n’avait d’ailleurs jamais été véritablement impacté par le COVID. Mais si ce n’est pas une excuse pour autant, la préparation de l’équipe s’en est forcément trouvée impactée, de surcroit avec un effectif réduit. Cela a donc entrainé l’arrivée de joueurs supplémentaires à la trêve hivernale », nous éclaire Florian, supporter, suiveur du RAF, et rédacteur ponctuel du site AllezRodez.com.

Pas d’inquiétude chez Laurent Peyrelade

Mais les signatures des Raux-Yao, Varane, Tiéhi ou Vilhjálmsson n’ont pas encore permis d’inverser cette spirale. L’attaquant islandais est pour le moment la seule vraie satisfaction avec déjà deux buts marqués, soit presque autant que Clément Deprès (3 buts), l’attaquant le plus “prolifique” du RAF cette saison. « C’est sans aucun doute le joueur qui a apporté le plus à ce jour. C’est un joueur très complet qui peut amener de la fluidité dans le jeu du RAF. En revanche, les débuts sont plus mitigés pour Raux-Yao et surtout Varane. Si le premier débute les matchs, le 2nd ne compte qu’une titularisation au cours de laquelle il s’est montré en difficulté. Pour autant, ils n’avaient pas joué depuis longtemps avant d’atterrir à Rodez et manquaient peut-être de rythme », poursuit Florian.

Malgré tout, l’inquiétude n’est pas encore de mise du côté de Laurent Peyrelade face à cette situation. La saison dernière, le RAF avait déjà traversé le même genre de désert avec 14 matchs d’affilée sans victoire. C’était beaucoup plus tôt dans la saison, mais Rodez avait su retourner la situation pour se sauver sereinement. « L’inquiétude, la peur, appartiennent aux souffrances de la vie de tous les jours et non au football », relativise le coach dans La Dépêche du Midi. « Rodez en Ligue 2 est quelque chose d’exceptionnel et de pas normal à la fois. Nous allons travailler, nous battre pour obtenir ces quatre victoires qui nous manquent (pour le maintien), faire le travail. Chacun au club s’y emploie. D’ailleurs, les joueurs, le staff technique, l’ensemble du club aimerait que nous n’ayons pas à vivre des périodes sportives aussi compliquées. Mais je le répète, c’est le lot de Rodez en L2 (…) ».

Une attaque en berne

Reste que si la saison dernière l’esprit familial et uni se dégageait complètement de ce groupe, les derniers événements extra-sportifs ont un peu écorné cette image idéale. « J’étais surtout gêné de voir le RAF régulièrement associé à des incidents extra-sportifs et autres débordements ces dernières semaines, ce à quoi il n’est habituellement pas coutumier (…). Compte-tenu des derniers événements, on peut effectivement avoir des doutes et je pense qu’une partie des supporters en a. En tous les cas, les déclarations de certains joueurs dans la presse ces derniers jours tendent à montrer qu’ils continuent de faire corps autour de leur coach et que le groupe reste uni », pense Florian. « Quant à l’atmosphère familiale, on peut se dire qu’elle a été bouleversée en début de saison : en se séparant de 12 joueurs, dont certains présents dès le CFA, le RAF est entré dans un cycle nouveau. Pour autant, les dirigeants restent très attachés à la personnalité des joueurs qu’ils recherchent, en ayant la volonté de s’appuyer sur des profils capables de s’intégrer au projet ruthénois. J’ose donc croire que, bien qu’il se professionnalise, et pour reprendre une expression utilisée plus haut, le RAF ne veut pas se départir de ses valeurs. »

Si le groupe dit vivre bien, comme le veut l’expression consacrée, obtenir de meilleurs résultats doit surtout passer par le contenu amené sur le terrain. Et en ce sens, Laurent Peyrelade n’a pour le moment pas changé son fusil d’épaule au niveau tactique, privilégiant toujours une défense à trois défenseurs centraux et en amenant beaucoup le jeu par les côtés pour les centres. Mais pour faire la différence, Rodez devra se montrer beaucoup plus tranchant et précis. Passionné de datas, Florian a bien analysé le jeu ruthénois : « Le moins que l’on puisse dire, c’est que le RAF présente une animation offensive en berne. Celle-ci s’illustre d’ailleurs au travers de chiffres inquiétants : Rodez, c’est en moyenne 12 tirs pour marquer un but (Moyenne générale en L2 : 9,26). Seule Nancy la lanterne rouge fait moins bien (14). Mais là où Nancy fait preuve d’un incroyable manque de réussite (31,6 buts attendus (xG) pour 21 buts marqués), c’est surtout la difficulté à se créer des opportunités intéressantes et donc à se montrer dangereux qui ressort côté RAF : avec un xG/tir de 0,091, le RAF présente en effet le plus petit ratio du championnat ! ». Des carences offensives à solutionner dès ce samedi à Grenoble dans un match qui ressemble furieusement à un tournant dans la saison de Rodez…

Crédit photo : RAF – Cédric Méravilles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Activer les notifications