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Paris FC - 21 octobre 2018 Clovis Canivenc 0 commentaire

Portrait – Vincent Demarconnay, gardien du temple parisien

Gardien du Paris FC depuis une dizaine d’années, Vincent Demarconnay a tout connu avec le club parisien : les montées, les relégations, les blessures, le rôle de doublure… Si ses débuts professionnels remontent à 2004 avec Le Mans, le portier de 35 ans a dû attendre la saison dernière pour enfin faire son trou en Ligue 2.

12 novembre 2004. Un jeune gardien connaît sa première titularisation en Ligue 2 avec Le Mans UC : Vincent Demarconnay. Après avoir débuté en Coupe de la Ligue, le portier de 21 ans enchaîne une deuxième rencontre avec son club formateur suite à la blessure du numéro 1, Yohann Pelé. Mais il va alors commettre une erreur sur un but et engendrer la défaite son équipe face à Nancy (1-2). Dans la foulée, le club sarthois décide de le renvoyer dans l’ombre du banc en recrutant un gardien plus expérimenté (Willy Grondin). Le natif de Poitiers a raté sa chance. Elle mettra plus de dix ans à se représenter…

Le chômage à 22 ans

A l’issue de cette saison 2004-2005, il n’est pas conversé par le MUC 72. « Pour moi, ils ne lui ont pas laissé assez de temps pour faire ses preuves. Ils avaient peut-être besoin de quelqu’un de plus expérimenté aussi. Mais ils auraient pu lui laisser un peu plus de temps. Mais bon c’est le monde professionnel… » regrette son grand frère, Julien Demarconnay. En quittant Le Mans à 22 ans, il espère rebondir en National, mais les offres n’arriveront jamais. Il se retrouve donc au chômage pendant six mois. Le moment le plus difficile de sa carrière et de sa vie, comme l’explique son ainé : « Cette période de chômage a concordé avec le décès de notre papa. Ça n’a pas été facile mais il n’a pas eu peur de partir de plus bas pour remonter ensuite. Il ne voulait pas faire une année blanche ».

Une opportunité finit par se présenter, en décembre, aux Sables d’Olonne, en CFA2. En Vendée, il va retrouver le plaisir de jouer pendant un an et demi, tout en gardant le monde professionnel dans un coin de sa tête. « Ici, c’est l’ambiance d’un club amateur : plus familial et moins requin. C’est complètement différent. Il a trouvé sa femme ici et des bons potes, qu’il a toujours d’ailleurs. Tout ça fait qu’il a pu s’épanouir et jouer l’esprit libéré », confie son frère, qui évolue aujourd’hui dans ce club. Après avoir écrit une des plus belles pages de l’histoire des Sables d’Olonne TVEC avec une montée en CFA et une victoire au 7e tour de la Coupe de France contre le Stade Brestois, Vincent Demarconnay quitte les Sablais car une proposition en National s’offre à lui.

Le sort s’acharne avec deux ans de blessures

A 24 ans, il remet les pieds dans l’antichambre du football professionnel français en signant à Romorantin. Recruté pour être numéro 2 derrière Romuald Ardeois, il ne va pas avoir l’occasion de bousculer la hiérarchie. Dès le mois d’octobre, il se fait opérer d’une rupture totale des ligaments croisés du genou gauche. « Objectivement, je pense que s’il ne se blesse pas, je l’aurais vite fait passer numéro 1, assure Jean-Marc Pilorget, son coach au SOR. Le peu de temps où je l’avais vu, j’avais déjà remarqué que c’était un gardien qui avait de la qualité. Aussi bien le footballeur que l’homme ». Demarconnay ne dispute que huit matchs dans la saison et le club romorantinais descend en CFA. Les galères semblent se poursuivre pour lui mais son entraîneur va lui tendre la main en le faisant venir au Paris FC, où il signe un contrat de deux ans : « Ce sont toujours des moments délicats quand on est sportif et qu’on a eu une blessure qui vous écarte des terrains pendant un certain temps. Mais j’ai vu les efforts qu’il a pu faire pendant cette période. Il a tout fait pour revenir à son meilleur niveau le plus rapidement possible et ça dénote aussi ses qualités de battant ».

L’aventure du Poitevin avec le PFC commence donc à l’été 2008 mais elle débute mal… Quelques semaines après son arrivée, il rechute de sa blessure et passe de nouveau sur le billard pour une rupture des ligaments croisés du même genou. « C’est pas de chance mais c’est comme ça malheureusement… Je suis assez fataliste par rapport à ce genre de choses, ajoute Pilorget, actuellement à la recherche d’un club. Il a fallu qu’il attende le bon moment mais là où je suis content, c’est de l’avoir amené dans un club où il a pu démontrer ses qualités par la suite ». Le portier parisien reprend la compétition en avril 2009 et dispute les trois derniers matchs de la saison. Enfin débarrassé de ses problèmes physiques, il retrouve le plaisir de jouer dans les buts lors de la saison 2009-2010.

« Un gardien complet » malgré un déficit physique

Jouer dans les buts, Vincent Demarconnay s’y est mis très tôt, grâce à son ainé de deux ans. « Comme je suis un peu plus grand, je préférais tirer au but donc je le mettais aux cages. Petit, il écoutait plus son grand frère (rires), donc il allait dans les buts et je m’amusais à le canarder un peu. Après on inversait aussi les rôles, de temps en temps, parce qu’il fallait bien qu’il tire dans le ballon. Mais il a toujours été attiré par les buts ». Il enfile les gants pour la première fois dans l’équipe de son grand frère, à Mirebeau, pour faire le nombre lors d’un tournoi où il manquait un gardien. Il suivra également son frangin au SO Châtellerault, le meilleur club de la Vienne, avant de rejoindre le centre de formation du Mans à 16 ans.

Si aujourd’hui le numéro 1 du Paris FC s’est imposé en Ligue 2, son profil n’est pourtant pas celui d’un gardien moderne. Avec son mètre 80 et ses 73 kg, il boxe plutôt dans la catégorie poids plume parmi ses confrères. « Il n’a pas la taille de certains gardiens. Mais au niveau de l’explosivité, il a super bon timing. On pourrait penser que dans les airs c’est difficile, mais au contraire, il s’en sort plutôt très bien, complète Jean-Marc Pilorget. Après il a d’autres qualités : sur sa ligne, son jeu au pied… C’est un gardien complet ». Pour son entraîneur au PFC, Mickaël Boully, il compense sa « petite » taille par « son intelligence. C’est sa plus grosse qualité selon moi. Il n’est pas très grand, ni costaud, mais il a « gommé » ce déficit physique en utilisant son intelligence et ses autres atouts. Il a une détente verticale assez impressionnante, un très bon jeu au pied, équivalent à celui d’un joueur de champ, parce qu’il a une prise d’information rapide et efficace ».

 Sa première saison pleine en Ligue 2 à 34 ans

Souvent titulaire en National avec le Paris FC (excepté en 2011-2012), Demarconnay a longtemps patienté avant d’avoir sa chance en Ligue 2. Malgré son rôle important lors de la montée en 2015 (34 matchs disputés, 28 buts encaissés), le club de la capitale décide de recruter Alexis Thébaux pour occuper le rôle de numéro 1. « Il a vécu ça plus jeune donc il savait à quoi s’attendre en étant doublure. Ce n’était pas une découverte. Il savait quoi faire pour se tenir prêt quand on allait faire appel à lui » précise son frère. Avec la redescente immédiate du PFC en National, il retrouve rapidement son poste de titulaire. Meilleure défense du championnat (18 buts encaissés), les Parisiens perdent le barrage d’accession contre Orléans mais profite de la relégation administrative de Bastia pour retrouver la Ligue 2.

A 34 ans, Vincent Demarconnay entame alors, pour la première fois de sa carrière, une saison en tant que titulaire à ce niveau. « Quand je suis arrivé en 2017, il devait avoir cinq matchs de Ligue 2 au compteur. On était un peu dans l’inconnu. Mais il n’avait aucune pression, relate Mickaël BoullyOn lui a fait confiance parce qu’on estimait qu’il méritait cette confiance. Ensuite ce sont ses performances qui ont prouvé à tout le monde qu’il avait largement le niveau pour jouer en Ligue 2 ». Artisan de la surprenante saison de la bande à Fabien Mercadal avec la troisième meilleure défense du championnat, le gardien trentenaire est reparti sur les mêmes bases cette saison avec seulement 4 buts encaissés en 10 matchs. « Aujourd’hui, il est récompensé de son travail et de sa patience parce qu’il est n’est pas là par hasard et qu’il a su faire le dos rond pendant pas mal d’années. Il est vraiment conscient de la chance qu’il a d’évoluer à ce niveau » poursuit celui qui le côtoie au quotidien.

Bientôt le joueur le plus capé de l’histoire du Paris FC ?

Cette année, Demarconnay a débuté sa onzième saison au Paris FC. Le plus ancien élément de l’effectif fait preuve d’une longévité rare, malgré les montées, les relégations, les blessures ou les changements de coach et de statut… « Il a trouvé un club qui lui convenait. Il se plaît bien là-bas, souligne son frère. Avec les dirigeants et les différents coachs qu’il a eu, ça s’est toujours super bien passé. Pourquoi changer si on se sent bien ? Le projet est intéressant aussi. Il avait envie de progresser et de monter avec ce club ». L’été dernier, il a également dû s’adapter à une méthode de travail différente avec l’arrivée de Mickaël Boully :« On a une démarche d’entraînement qui est beaucoup basé sur le cognitif, avec des choses qui sont parfois assez surprenantes. Ça n’a pas été facile au début. Mais comme il est intelligent, il a vite compris ce que je recherchais. C’est quelqu’un qui se documente beaucoup par rapport à l’adversaire. Il est au courant de plein de choses dans ce championnat de Ligue 2, et même de Ligue 1. Il croque à pleines dents tout ce qui lui arrive. Au PFC, on a la chance d’avoir trois gardiens, plus un jeune en devenir, qui sont performants donc ça lui met de la concurrence. Il ne peut pas se reposer sur ses lauriers ».

Ce vendredi, face à Châteauroux, Vincent Demarconnay a disputé son 212e match sous le maillot parisien. A ce rythme, il pourrait dépasser le record de Lamri Laachi (270) en fin de saison prochaine et devenir ainsi le joueur le plus capé de l’histoire du Paris FC. « S’il veut battre mon record au PSG (435 matchs), il a encore un peu de temps (rires), s’amuse Jean-Marc PilorgetMais c’est une preuve pour des jeunes joueurs, qui à un moment donné ont le moral à zéro quand ça ne passe pas pour X raisons, qu’on peut revenir dans une carrière professionnelle par d’autres chemins ». A 35 ans, le gardien du temple parisien a encore de belles années devant lui.

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