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AJ Auxerre - 03 juillet 2017 Dorian Waymel 1 commentaire

Entretien ML2 – Les dessous d’une prépa physique avec Cédric Blomme (AJA)

La préparation physique est une période cruciale pour tous les clubs de football afin de se présenter au mieux à l’heure de la reprise. En Ligue 2, les cinq ou six premières semaines d’entraînements sont rythmées par une grande partie de travail athlétique. Préparateur physique de l’AJ Auxerre, Cédric Blomme nous parle de sa méthode, et de l’impact sur les joueurs.

MaLigue2 : Est-ce que les joueurs aiment cette période souvent douloureuse de préparation physique ?

Cédric Blomme : Oui et non… Mais ils savent que c’est une étape importante pour la saison donc ils le font de bon cœur quand même. Ça ne rechigne pas et ça travaille pour être prêt personnellement, et collectivement.

C’est à ce moment que vous considérez votre rôle comme le plus important ?

C’est une partie prépondérante de la fonction en effet. C’est en début de saison que l’on intervient le plus souvent, où les contenus de la séance sont les plus importants pour le préparateur athlétique. Mais derrière, il y a un suivi et un entretien à réaliser toute la saison. Mais c’est sûr que c’est l’été où on reprend les bases et qu’on pose les fondations pour bien démarrer et ensuite planifier pour aller jusqu’à la trêve.

Quand les joueurs sont épargnés par les blessures, on met souvent en avant leur bonne hygiène de vie. En revanche quand ils se blessent, on pointe souvent du doigt les préparateurs physiques pour des séances trop chargées…

Ça fait partie des clichés récurrents (rires). On sait que quand ça marche bien, les joueurs sont mis en avant. Mais quand ça ne va pas, c’est la faute du staff technique ou de l’intendant qui ne gonfle pas bien les ballons. Ça fait partie du métier et on apprend à vivre avec.

Une bonne préparation conditionne tout de même la saison et peut éviter certains pépins ?

C’est un élément de la performance qui va faire que la saison peut être bonne. Mais une bonne préparation ne suffit pas. A l’inverse, une préparation tronquée n’est pas synonyme automatiquement de saison ratée. On a toujours les trêves internationales par la suite pour retravailler certains manques.

Y a-t-il une seule recette ou chacun adopte-t-il sa propre méthode ?

Chacun dispose de sa méthodologie. Mais les grands principes de la préparation athlétique, on ne les invente pas. Qu’on soit à Brest, Auxerre ou Laval, la physiologie du corps humain est la même partout en France. Après, chacun dispose de ses petits trucs.

« La technologie nous aide, mais elle ne met pas les buts au fond »

La technologie, comme les GPS, tient-elle un rôle majeur dans ces préparations ?

Elle va nous aider pour analyser les charges d’entraînements. On va disposer de beaucoup plus d’informations sur la condition des joueurs par exemple. On peut se dire « aujourd’hui untel est un peu fatigué » ou « untel a une petite alerte ». Toutes ces technologies vont nous aider à améliorer la performance individuelle. Mais ce n’est pas ça non plus qui va faire que l’attaquant mette la balle au fond.

Dans les premières semaines de travail, individualisez-vous les charges, ou est-ce un travail avant tout collectif ?

Le travail de course est assez individualisé. On va aussi tester les capacités musculaires de chacun pour adapter les charges avant ou après les séances. Mais les deux-trois premières semaines, ça reste un travail généralisé pour reprendre les bases de l’aérobie et leur redonner du coffre pour emmagasiner tous les exercices de force. Ensuite, on va commencer à se tourner vers l’individualisation au fil de l’été.

Aimez-vous mettre en place des exercices en dehors du football ?

Je ne suis pas fan des activités annexes. Tout ce qui est lié à l’eau est compliqué à mettre en place car si deux ou trois joueurs ne sont pas à l’aise, ça peut vite les mettre à l’écart. Donc pour la cohésion de groupe ce n’est pas forcément l’idéal. Les sorties en vélo, s’il y a des chutes, cela peut entraîner des blessures. Chez nous, on met plutôt des choses ludiques en place sur le terrain.

« Je veux que les joueurs soient prêts dès le premier match »

On entend souvent que certains clubs visent un pic de forme un peu après la reprise, vers octobre-novembre. Qu’en pensez-vous ?

Je n’aime pas trop ce discours. Moi je veux être prêt pour le premier match. Tous les points sont importants. Si vous perdez vos 6 premiers matchs parce que vous avez chargé tout l’été, vous pouvez déjà vous retrouver avec 10 points de retard sur le haut de tableau et être complètement à la traîne. Et derrière ce n’est plus la même saison. C’est sûr qu’on ne peut pas être au top pour le premier match, mais on dispose quand même de 6 semaines pour amener les joueurs à un bon niveau physique. Moi l’objectif, c’est d’être performant tout le temps. Il faut essayer de garder de la régularité dans les performances athlétiques. Quand l’hiver arrive, les joueurs connaissent souvent une petite baisse de régime, mais on doit faire en sorte qu’elle soit la moins forte possible. Certains grands clubs disent qu’ils veulent être prêts pour mars et la Ligue des champions. Mais si vous êtes à la ramasse avant en championnat avant, je ne sais pas comment vous pouvez aborder ces échéances dans de bonnes conditions.

La LFP a instauré des play-offs supplémentaires en fin de saison. Est-ce problématique pour l’organisme des joueurs ?

Ça peut poser problème en effet. Mais tout va dépendre de la fin de saison et des 2-3 derniers matchs. Si vous êtes 5e et que vous ne pouvez plus bouger de place, évidemment que l’effectif risque d’être géré autrement pour les préparer au mieux. Après si on ne peut pas anticiper, il faut espérer disposer de son effectif au complet à ce moment-là, avec le moins de blessés possible. Mais bon, on espère être bien plus haut au classement à un mois de la fin pour éviter cela comme cela on sera tranquilles (rires).

Propos recueillis par Laurent Mazure et Dorian Waymel

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