Pour Amiens, c’est (déjà) l’heure de vérité

Une contre-performance devant Le Havre, vendredi (33e journée de Ligue 2), viendra probablement sonner le glas des ambitions de montée de l’Amiens SC. Des ambitions non avouées, c’est vrai. Ou un peu, sans exagération aucune. Lundi soir, sur le plateau de Canal+Sport, Christophe Pélissier sortait publiquement le terme « montée«  de sa bouche. Rare. Unique cette saison. Le technicien concède que sa formation est prête à « disputer un barrage voire monter» en Ligue 1. Il n’a pas omis de rajouter « s’il le faut».

Accéder à l’élite serait-il prématuré pour le promu picard ? Non, serait-on tenter de répondre. Avant de s’enliser en National, l’ASC avait clôturé l’exercice 2006-2007 à la 4e place de Ligue 2, butant de peu au pied du podium. Le club la garde en mémoire. « S’il faut » découvrir l’élite, personne ne s’en plaindra. Mais Amiens possède-t-il encore les ressources adéquates à la farouche lutte finale ? Le début du sprint prête aux plus optimistes une sérieuse grimace.

Un essoufflement prévisible

Le plaisir reste le même à apprécier le jeu picard. Offensif, sans calcul. Fruit de joueurs explosifs, talentueux et intelligents. Malheureusement, les craintes soulevées il y a quelques mois semblent se vérifier. Un marathon trop usant promis à un groupe encore juste quantitativement. La qualité certaine des remplaçants ne compense plus l’énergie manquante. Peut-être est-ce la raison d’un déchet inhabituel dans la zone de finition. D’une lucidité devenue soudainement absente.

Amiens gagne moins, marque moins et perd davantage. 6 revers en 2017, soit 2 de plus que sur l’intégralité de la phase aller. Dont 3 sur les 5 dernières sorties. Des chiffres implacables. Le promu dévisse. A l’aube de la saison estivale, les Amiénois pointent à 7 longueurs de la deuxième place, à 5 de la troisième, synonyme de barrages. Doit-on encore y croire dans la Somme ? Évidemment. Les confrontations directes face à Brest et Reims peuvent ramener la bande de Pélissier à portée de tir de la boîte. Flancher sera rédhibitoire. Pas face aux gros, surtout pas devant les moins forts. C’est simple et quasiment arithmétique : 15 points sur les 18 derniers mis en jeu seront nécessaires afin de s’envoler vers un autre monde et, « s’il le faut», changer de planète !

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