RC Lens

Que se passe-t-il au RC Lens ?

Juin 2015. Contre toute attente, la DNCG maintient le RC Lens en Ligue 2. Cette décision, dit-on officiellement, met enfin un terme à plusieurs mois d’incertitudes, d’interrogations, de supputations. Mais en ce début octobre, la situation n’a jamais été aussi « difficile » de l’aveu même du président Gervais Martel. Que se passe-t-il ? MaLigue2 tente de vous faire comprendre les différents enjeux du moment… et les forces en présence.

A l’été 2013, le président historique Gervais Martel revient plus déterminé que jamais à la tête du RCL. Pendant son année « éloigné » du club, il s’est lié d’amitié avec Hafiz Mammadov, un mystérieux homme d’affaires azerbaïdjanais. Ce dernier injectera, en tout et pour tout, 24 M€, de quoi posséder 99,99% des parts de RCL Holding, la société mère du Racing Club de Lens. Laissant Gervais Martel à 0,01%. Mais cadeau de son mécène azéri, le patron lensois dispose de 40% des voix au Conseil d’Administration. Les statuts lui confèrent une minorité de blocage sur quasiment toutes les décisions importantes à prendre. Qui plus est, Hafiz Mammadov et Gervais Martel ne peuvent se virer. Plus qu’un détail….

Plusieurs tentatives vouées à l’échec

En avril 2014, comme le rappelle le quotidien L’Équipe dans son article du 7 octobre 2015, Hafiz Mammadov prévient son associé de ses difficultés financières et de son impossibilité future à répondre à ses obligations. Quelques semaines plus tard, promu en Ligue 1, Lens présente un budget bien supérieur à ce qui était prévu. Gervais Martel aurait-il tenté de doubler son « ami » ? Depuis, et malgré un nombre incalculable d’échanges avec « Hafka » (ou plutôt avec ses avocats), Gervais Martel ne parvient pas à obtenir ce qu’il souhaite. A savoir une ouverture de capital et permettre l’entrée de nouveaux investisseurs, ou à défaut un peu d’aide financière. Lens s’autofinance seul. A coup de ventes de ses pépites. Une politique vouée, à terme, à l’échec.

Feu vert de la DNCG

En juin dernier, tout le monde promet, à raison, une relégation en National (voire pire) au Racing. Mais surprise. Devant la DNCG se présente Daniel Percheron, président de la Région Nord-Pas-de-Calais, grand amateur de football et amoureux du RC Lens. Là encore, on « déguise » la venue du numéro un du NPDC en « ami » d’un Gervais Martel qui, dit-on, n’a pas eu de mal à convaincre l’instance de la Ligue. En réalité, Daniel Percheron a présenté un plan alternatif (à l’époque et pour des raisons compréhensibles, Gervais Martel réfutait même l’idée d’un plan B) et la direction nationale de contrôle et de gestion retrouve une certaine confiance au futur projet Sang et Or. Et donne le 31 octobre 2015 comme dead-line à un nouveau plan de gouvernance.

Une promesse obtenue

Mais en cette première semaine d’octobre, les choses ne se passent plus comme prévu. Sur les ondes de France Bleu Nord lundi dernier, Daniel Percheron annonce s’être rendu à Bakou rencontrer en personne Hafiz Mammadov (financé par le Conseil Régional comme le révèle France 3). En une entrevue, il obtient la promesse d’une ouverture de capital (1%). Ce que Gervais Martel quémande depuis des mois… en vain. En réalité, cette augmentation a plusieurs objectifs : permettre une refonte totale des statuts, redistribuer les cartes et faire perdre les 40% au président actuel. Puis, Hafiz Mammadov (en réhabilitation politique et financière dans son pays) devrait lui-même revendre le club dans l’optique, également, d’assainir les relations franco-azéris (un réinvestissement semble utopique). Une revente à Daniel Percheron et à son pôle d’investisseurs ? Probablement. Pourquoi une telle sortie médiatique ? Cela traduit-il un non-respect du deal présenté à la DNCG ? Des questions sans véritablement de réponse.

Que risque Lens ? Une relégation à titre provisoire ?

Plusieurs sources concordantes assurent que le président actuel de la Région, en fin de mandat en décembre prochain, pourrait devenir le prochain homme fort lensois. Mais l’emblématique Gervais Martel n’a pas rendu les armes. Il tente de solutionner les difficultés actuelles et futures (Gervais Martel parle d’impasse). Dans toutes ces histoires, le collectif est-il réellement privilégié ? Qu’est-ce qui empêche Gervais Martel de valider une ouverture de capital ? Lui et Daniel Percheron sont-ils en « en parfaite phase » comme il le disait ? Hafiz Mammadov tiendra-t-il son engagement ? Pourquoi Daniel Percheron agit-il de la sorte ? Si tout venait à mal tourner, une troisième solution, actuellement en retrait, ne devrait pas se faire prier pour venir aider un RC Lens qui, faute de respecter sa promesse faîte au gendarme financier, pourrait se retrouver reléguer provisoirement après le 31 octobre. La DNCG ne se fera pas prier…

Laurent Mazure

Vos commentaires :

  1. chti69

    Je ne suis pas un pro- Martel, je souhaite son départ, mais cet article est anti-martel ! Une question, pourquoi Mammadov est venu présenter le budget avec Martel pour la Ligue 1 ? Pourquoi a t' il voulu acheter un club Anglais au mois de Juin 2014 pour quelqu'un qui a des problèmes en avril 2014 selon vous ?

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  2. Laurent Mazure

    Bonjour. Il n'y a aucune prise de position dans cet article. Nous ne relatons pas en large et en travers toute l'histoire. Mammadov ou Martel ont leur responsabilité. Il s'agit d'un papier afin d'expliquer la situation, questionnant, analysant parfois. De notre côté, nous ne souhaitons pas plus son départ que l'arrivée de quelqu'un d'autre. Nous espérons voir Lens se relever, avec les hommes en place ou non.

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  3. alain53

    Cet article me paraît plutôt clair et objectif et ne constitue pas, à mon sens, une charge anti Martel. Je pense que tous les protagonistes de ce triste feuilleton devraient rapidement déposer les armes et se mettre autour d'une table pour sauver le club . L'heure de la sagesse va t'elle enfin sonner?

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    1. Laurent Mazure

      Malheureusement Alain, je pense que cela ne fait que débuter. Et puis, il semblerait qu'il y ait d'autres protagonistes (opportunistes) prêts à entrer dans le débat...

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  4. chti69

    En avril 2014, comme le rappelle le quotidien L’Équipe dans son article du 7 octobre 2015, Hafiz Mammadov prévient son associé de ses difficultés financières et de son impossibilité future à répondre à ses obligations En partant de cette phrase comme d'une vérité, aucun conditionnel, c'est un article anti-martel...

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  5. lusseau

    une ouverture de capital ne changera rien juridiquement sauf s'il y a augmentation du capital .sans ce la les statuts ne sont pas modifiables sans accord de GM ET Mamadov

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