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Ligue 2 – Au Paris FC, la formation passe à l’action

Le Paris FC a la chance de pouvoir compter sur un effectif de qualité, avec de nombreux jeunes joueurs prêts à chausser les crampons. Cette saison, en plus des cinq joueurs professionnels formés au club (Nkambadio, Hadjam, Bamba, Camara et Diakité), d’autres permettent de garnir d’avantage l’effectif et d’entretenir la concurrence, comme Yoan Koré (2004),  Yoann Beaka (2003), Loup Diwan Gueho (2004) et Adel Bacha (2004) qui ont tous participé à au moins un match de Ligue 2 cette saison. En rajoutant les participations d’Alan Issifou (2003) ou encore Noé Massevo (2001) en Coupe de France, le club de la capitale montre clairement qu’il est tourné vers l’avenir.

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Crédit photo : Alexandre Dimou/FEP/Icon Sport

Le club de demain

« J’avais dit il y a deux ans, à vos confrères du Parisien : « Le Paris FC, c’est le club de demain », nous raconte avec fierté Jean-Marc Nobilo, le Directeur du centre de formation. Deux ans après, il y a la Ligue 1 à l’horizon, les filles 3e de D1 Arkema, les catégories de jeunes en pleine évolution, tout comme les infrastructures. »

C’est un parti pris assumé par la direction. Pierre Ferracci, président du Paris FC, a souhaité mettre la formation au centre de son projet pour pérenniser le club dans le monde professionnel. Cette stratégie pourrait même lui permettre d’accéder à la Ligue 1 dès cet été. Une petite prouesse, pas si inattendue que cela lorsque l’on prête attention aux investissements.

« Le président Ferracci accorde une place capitale à la formation, confirme Jean-Marc Nobilo. Depuis mon arrivée (en, juillet 2020 ndlr.), la direction met de plus en plus de moyens pour l’encadrement. Il y a eu l’ouverture du centre de formation, le 1er juillet 2021. Il y a eu les efforts pour offrir des contrats aspirants et stagiaires, mais ce qui est fantastique et qui permet d’améliorer la qualité de notre travail, c’est le terrain synthétique neuf et un terrain substrat hybride réservé à la formation, c’est à dire N3, U19 et U17. Cela correspond à un million, un million deux cents mille euros investis. »

Ousmane Camara avec l’Équipe de France U19 contre la République Tchèque, en mars 2022 (crédit photo : Pierre Costabadie/Icon Sport).

Des retours sur investissement

Des sommes importantes et des résultats immédiats pour le PFC, qui s’offre ainsi une organisation plus efficace et digne du monde professionnel. Pour faire de la formation la grande force du Paris FC d’ici trois à cinq ans, il faut aussi un entraîneur qui croit en cette philosophie. « Quand vous avez un coach comme Thierry Laurey qui fait jouer les jeunes, et pas par obligation mais aussi par conviction, cela crédite toute la formation, commente M. Nobilo, satisfait. Encore plus dans une équipe qui joue la montée ! En plus de cela, on a de plus en plus de jeunes en sélections nationales, et en équipes de jeunes. Nous sommes certainement sur les meilleurs résultats du Paris FC sur les 10 dernières années. »

Jaouen Hadjam et Ousmane Camara étaient en effet tous deux convoqués lors du dernier rassemblement de l’Équipe de France U19. De son côté, Yoan Koré est capitaine de la sélection U18. La progression est constante, selon les membres du staff et les observateurs du centre de formation parisien. Troisième de son groupe de National 3 à l’heure actuelle, l’équipe réserve du PFC est un bel exemple de cette réussite : la moyenne d’âge est souvent de 18 ou de 19 ans dans les équipes alignées par Mathieu Lacan. L’équipe U19 fait également une très belle saison, à la troisième place de son groupe derrière Lyon et Strasbourg, mais devant Auxerre, Metz, Nancy, Sochaux…

« La plupart des meilleurs joueurs en U19 aujourd’hui jouent en N3, et sont même convoqués avec le groupe professionnel. Obtenir de tels résultats montre que le travail est bien fait. Nos U17 sont même les seuls à avoir battu le Paris Saint-Germain, et ont une petite chance de pouvoir jouer les play-offs ! Tous ces facteurs nous permettent de dire qu’on est en train de franchir un palier en termes de formation. »

Un centre de formation agréé et réputé, c’est aussi une manière de garder les joueurs talentueux. Les contrats que le club est en mesure de proposer permettent d’assurer leur présence pour plusieurs saisons, avec un suivi de leur évolution, un accompagnement jusqu’au portes de l’équipe première et dans le meilleur des cas, un premier contrat professionnel. « On ne perd plus nos meilleurs joueurs, grâce à ce nouveau cadre de travail, insiste Jean-Marc Nobilo. Le bassin parisien représente déjà dix ou douze millions de personnes, mais la prochaine étape du Paris FC sera de structurer encore mieux le département du recrutement. Il est sous la responsabilité de Yves Gergaud, qui fait vraiment du bon boulot. L’objectif sera de couvrir au mieux le territoire. »

Jean-Marc Nobilo en 2020 lors de son arrivée au PFC (crédit photo : Anthony Dibon / Icon Sport).

Un chantier perpétuel

Le Directeur du Centre, qui se considère plus comme un formateur développeur que comme un gestionnaire, a conduit avec son staff les jeunes du Paris FC au haut niveau. S’il reste encore des progrès à réaliser dans certains domaines, la formation parisienne est bien mise en valeur et il ne fait aucun doute que nous retrouverons encore plus de ses joueurs en Ligue 1 prochainement. Et pourquoi pas avec le PFC, si les conditions le permettent ? Quoi qu’il en soit, le club de la capitale est toujours dans les clous, avec quatre petits points de retard sur la 2e place occupée par Ajaccio, et des barrages à jouer dans le pire des cas. En tant qu’éducateur visant l’excellence, Jean-Marc Nobilo ne cache pas son admiration pour le travail accompli par une autre équipe du championnat.

« Je trouve que ce que fait Damien Comolli et tout son staff à Toulouse, c’est avant-gardiste. Forcément, quand on développe de telles méthodes avec de l’analyse de données, on réussit plus vite et avant les autres. Maintenant, je ne cherche pas à comparer le Paris FC au TéFéCé. On n’a pas la même histoire que Toulouse et sa formation. N’oublions pas que le centre n’a que quelques années d’existence, c’est allé plutôt vite. Mais on sait qu’à un moment donné, il va falloir se mettre à la page. »

Grâce à des réunions hebdomadaires entre le staff de Ligue 2 et Mathieu Lacan, qui porte aussi la casquette de Directeur adjoint du centre, le lien entre jeunes et pros est bien entretenu . Par ailleurs, on peut très souvent voir Fabien Lefèvre (adjoint de Thierry Laurey, ndlr.) aux matchs de la réserve. « Avant la fin de l’année, on va faire une réunion bilan, pour encore mieux préparer la saison prochaine » conclut Jean-Marc Nobilo, avec l’espoir que le cru de cette année soit annonciateur d’un futur radieux pour le PFC.

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