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Les trois grandes missions de Nancy pour espérer sauver sa place en Ligue 2

Championnat

L’avenir de l‘AS Nancy-Lorraine en Ligue 2 apparaît aujourd’hui plus sombre que jamais. Avec 12 points à la mi-saison, il faudra réaliser un authentique exploit pour ne pas finir dans les deux derniers et au moins espérer accrocher un barrage qui serait déjà une belle opération. Mais tout n’est pas encore perdu pour autant, à condition de ne pas perdre totalement espoir. Car dans le passé, plusieurs exemples à l’ASNL et ailleurs ont prouvé qu’une telle remontada n’était pas impossible.

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Première mission : trouver l’entraîneur pour fédérer et garder l’étincelle

« Je pense avoir touché certaines limites aujourd’hui car je suis encore un très jeune entraîneur. Le défi est immense, pas insurmontable, mais immense et je crois sincèrement qu’il faut un coach plus expérimenté à la tête de l’équipe ». Avec une grande humilité, Benoît Pedretti a préféré délaisser son poste d’entraîneur de l’équipe première en Ligue 2 pour continuer à sa former auprès de la réserve nancéienne. Si son arrivée avait permis de redynamiser un groupe traumatisé par le passage de Daniel Stendel (0 succès en 10 matchs) avec sa communication balbutiante et ses consignes floues, l’électrochoc avait fini par s’amenuiser, jusqu’à disparaître totalement au fil des semaines. Le bilan de l’ancien milieu de terrain aura été de 2 victoires, 2 nuls et 5 défaites en championnat, tout en hissant le club en 16es de finale de la Coupe de France.

Avec huit points de retard sur le barragiste et neuf sur le premier non-relégable, la première grande mission de Gauthier Ganaye pendant la trêve sera de trouver l’entraîneur idéal pour ce genre de mission commando. Car la toute première étincelle viendra du discours du coach, de sa foi dans un challenge qui s’avère complètement fou, voire suicidaire, où le taux de réussite est minime par rapport à celui de l’échec. Mais si Nancy lui-même ne croit pas en ses propres chances, qui le fera pour lui ? En 2019, Alain Perrin, par son aura, son expérience, son talent, avait su fédérer toutes les énergies autour de lui. Prendre sur ses épaules énormément de responsabilités pour protéger son groupe, et lui amener le goût de la victoire petit à petit par un plan de jeu net, carré et précis dans ce genre de situation. Sans jamais paniquer. Bien sûr, difficile de ne pas penser à quelqu’un du profil d’un René Girard aujourd’hui. Mais qu’aurait à gagner un vieux loup de mer à se jeter dans cette galère ? Lui n’a pas d’atomes particulièrement crocheus avec l’ASNL, comme Alain Perrin en avait. Au président de se montrer persuasif pour amener un coach d’envergure à Nancy, sous peine de voir la deuxième partie de saison déjà mal embarquée avant même de débuter. Un coach comme peut l’être d’ailleurs un certain… Bernard Blaquart.

Deuxième mission : Prendre exemple sur le Nîmes de 2016

Car personne n’a réussi à se maintenir en Ligue 2 depuis la poule unique en 1993-1994 avec aussi peu de points à la mi-saison. Personne hormis… Le Nîmes Olympique de 2015-2016. Handicapés par une pénalité de -8 points en début de saison, les Crocos avaient engrangé 17 unités sur la phase aller, mais étaient alors bon derniers avec 9 points au compteur. Pourtant, à l’issue d’une deuxième partie de saison dantesque, les Gardois allaient se maintenir sans trop trembler avec 43 points sous la coupe d’un Bernard Blaquart qui avait su créer un groupe de morts de faim, en mode rouleau-compresseur. Comme quoi, la mission n’est vraiment pas impossible pour Nancy !

Bernard Blaquart à l’époque de Nîmes en L2.

Œil très avisé et expert de notre Ligue 2, Robert Malm, ancien goleador et consultant pour beIN Sports, a parfaitement analysé pour Ouest-France la situation qui se présente pour l’ASNL. « Rien n’est impossible mais il va leur falloir faire un parcours de champion en inscrivant 33 points. Nancy a déjà réussi à le faire par le passé en recrutant de très bons joueurs comme Vagner Dias (prêté par Saint-Étienne). J’ai un gros doute sur leur capacité à rééditer cette performance (13 points à la trêve, 42 en fin d’exercice en 2018-2019). La trêve arrive peut-être à point nommé pour eux. La fraîcheur mentale va leur faire du bien avec potentiellement la Coupe de France comme échappatoire (16es de finale contre le Stade Rennais). »

Troisième mission : un mercato qui doit VRAIMENT dynamiser l’équipe

Le mercato, voilà le troisième point crucial pour Nancy. Sans du sang-neuf dans cette équipe, se sortir du marasme ne sera pas évident. En 2019, Vagner Dias, mais également Sylvain Marveaux, Denis-Will Poha, Abdelhamid El Kaoutari ou encore Pape Paye étaient venus gonfler les rangs de l’ASNL sans réfléchir à une éventuelle relégation. Des joueurs prêtés pour la plupart, mais qui allaient justement amener cette bonne dose d’insouciance indispensable. Les joueurs au Chardon ne doivent plus se poser aucune question. Regarder le classement sans cesse et ruminer cette 20e place ne servira pas à grand-chose. Le seul objectif à la reprise sera de lancer une série positive, et l’étirer la plus longtemps possible, tête baissée. Ne visualiser que le court terme, se baser sur la performance réalisée à Troyes par exemple, où l’ASNL a su éliminer une L1 en infériorité numérique avec un cœur énorme.

Malgré tout, avoir du cœur et les fameuses cojones ne suffira pas. Les lacunes aperçues tout au long de cette première moitié de championnat doivent faire prendre conscience aux dirigeants que se renforcer est primordial. Comme l’été dernier, l’ASNL devra être inventif, car toujours interdit de recruter à titre onéreux et avec une masse salariale encadrée, même si le plafond de cet encadrement a été relevé. Dénicher les nouveaux Vagner ou Poha, retrouver un joueur avec l’impact d’un Scheidler comme l’année dernière sera LA mission clé de ce mercato hivernal. Dos au mur, Nancy n’a plus aucunement le droit à l’erreur. Et les décisions des prochains jours seront décisives pour le visage de l’ASNL en 2022.

Crédit photo : IconSport.

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