Pourquoi Reims a-t-il autant dominé le championnat de Ligue 2 lors de la saison 2017-2018 ?

Championnat

Cette saison, le Stade de Reims a survolé la Domino’s Ligue 2. Même si le championnat n’est pas terminé, les hommes de David Guion sont assurés de jouer en Ligue 1 l’année prochaine. Ils ont battu le record de points en Ligue 2, établi lors de la saison 1999-2000 par le LOSC de Vahid Halilhodzic (83 points).

Le club a affolé les compteurs. Meilleure défense, meilleure équipe à l’extérieur, meilleur bilan à domicile, Reims a ébloui les observateurs comme les amateurs de paris sportifs sur le foot, qui ont sans doute rapporté gros grâce aux performances du club de la Marne. Mais quels sont les ingrédients de la réussite du club ?

Un recrutement conséquent pour effacer le traumatisme de l’année précédente

La saison précédente, le club venait de descendre de Ligue 1. Malgré un budget important et des ambitions affichées dès le départ, les hommes de Michel Der Zakarian ont manqué la montée.

On sous-estime souvent l’impact d’une descente chez les joueurs. L’année dernière, une grande partie de l’effectif était composé de joueurs ayant connu la relégation. Nombre d’entre eux portaient encore en eux le traumatisme. Le club a décidé de se séparer d’eux et il a recruté du sang neuf.

On a donc assisté au départ d’Anthony Weber, de Gaëtan Charbonnier, d’Atila Turan, d’Antoine Conte, d’Odaïr Fortes ou de Frederic Bulot. Le club a recruté Xavier Chavelerin, Yunis Abdelhamid ou encore Marvin Martin.

Dans le même temps, certains joueurs de l’effectif ont pris du galon. C’est le cas de Denilson Da Cruz, qui est devenu le patron de l’entrejeu rémois et le capitaine de l’équipe. D’autres comme Diego Rigonato, qui est au club depuis 2012, ont joué un rôle capital entre les générations. Sans compter qu’il a aussi retrouvé son meilleur niveau cette année sous les ordres de David Guion.

La jeunesse du Stade de Reims prend le pouvoir

Les résultats du Stade de Reims coïncident avec l’émergence au plus haut niveau d’une génération dorée, qui a atteint la finale de la coupe Gambardella en 2014. Dans l’effectif U19 de l’époque (entraîné par David Guion), on trouvait Jordan Siebatcheu, Grejohn Kyei et Ali Ndom.

Siebatcheu a véritablement explosé cette année. Il a marqué 16 buts en 33 matchs et occupe la 3èmeplace du classement des buteurs de la Domino’s Ligue 2, dernière les nîmois Umut Bozok et Rachid Alioui.

Grejohn Kyei s’est aussi fait une place dans l’effectif pro. Petit clin d’œil du destin : c’est lui qui a inscrit le but de la montée face à Ajaccio lors de la 34e journée, alors qu’il avait manqué un penalty fatal l’année dernière face à Strasbourg, qui avait peut-être privé le Stade Reims de la montée en Ligue 1.

David Guion, portrait de l’ancien entraîneur des U19 rémois

Après Der Zakarian, la direction rémoise a décidé de jouer le jeu de la promotion interne pour son entraîneur principal. C’est David Guion qui s’est retrouvé aux commandes du groupe pro. Il a donc retrouvé de nombreux jeunes qu’il avait menés en finale de la Gambardella en 2014.

Arrivé à Reims en 2012, il avait à son actif deux faits d’armes principaux. Adjoint de Laurent Roussey à Saint-Étienne, il a hissé les Verts jusqu’aux places qualificatives de l’Europa League lors de la saison 2008-2009. En 2010-2011, il mènera Chambéry, une formation de CFA jusqu’en ¼ de finale de la Coupe de France.

L’entraîneur des U17 Corentin Bataille le définit comme un tacticien, un homme qui anticipe tout le temps pour ne pas se retrouver pris au dépourvu : « David est une personne très réfléchie, méticuleuse et qui apporte beaucoup d’importance au travail en amont. Si je devais le résumer, je dirais qu’il aime toujours avoir un coup d’avance et qu’il fait tout pour se retrouver dans cette position ».

Une stratégie de développement bien définie par Jean-Pierre Caillot

Cette saison, le club a largement récolté les fruits de sa politique de formation. Bien que Reims ne fasse pas forcément partie des meilleurs centres de formation de France, la ville bénéficie à plein de sa proximité avec la région parisienne et du vivier de talent énorme qu’elle renferme.

Le président Jean-Pierre Caillot sait bien qu’un jeune aura plus de chances de s’épanouir en venant à Reims qu’en allant s’enferrer au PSG : « Face à un club parisien qui aura forcément plus de mal à faire éclore des jeunes de la région, on a notre mot à dire. Pour une famille, il vaut peut-être mieux confier son enfant au Stade de Reims qu’au PSG. Ici, dans une structure familiale, à taille humaine, il aura plus d’opportunités de réussir. C’est un argument qui parle, en général. »

Le Stade de Reims a donc centré une grosse partie de sa détection sur la région parisienne. Cela se traduit par une augmentation du nombre d’observateurs, mais aussi un développement des relations avec les clubs amateurs.

Les défis du stade de Reims pour les années à venir

Dans le foot professionnel, on ne peut pas pérenniser un club sans une base financière solide. Il faut donc savoir attirer des annonceurs nationaux. Selon Jean-Pierre Caillot, la présence du PSG et de Monaco, deux clubs aux moyens démesurés est une bonne chose. Cela permet aux annonceurs de taille moyenne de bénéficier d’une belle visibilité dans un club comme Reims alors que, dans d’autres clubs plus huppés, ils n’auraient pas eu une telle importance. Dans une certaine mesure, tout le monde y trouve son compte.

Le principal problème auquel se heurte le président est l’affluence moyenne d’Auguste Delaune. Cette année, le club revendiquait 9.500 spectateurs de moyenne, soit la 3èmeaffluence du championnat. Pour un club d’un tel calibre, c’est insuffisant, surtout quand on sait que le stade peut accueillir 20.000 personnes. Les matchs de Ligue 2 du vendredi soir et du lundi soir n’aident surement pas, et la Ligue 1 doit permettre de repartir à la hausse de ce point de vue également.

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