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Championnat - 23 novembre 2017 Dorian Waymel 0 commentaire

Entretien ML2 – Umut Bozok : « C’était inimaginable pour moi d’être déjà à dix buts marqués »

Meilleur buteur du National la saison dernière avec Marseille-Consolat, Umut Bozok s’est vite adapté aux exigences de la Domino’s Ligue 2 depuis son arrivée au mercato estival au Nîmes Olympique. L’attaquant franco-turc trône déjà en tête du classement des meilleurs réalisateurs (10 buts), et a été élu joueur du mois d’octobre par MaLigue2.fr. L’occasion pour lui de revenir sur ses débuts réussis avec les Crocos, et d’évoquer son parcours et son rôle de buteur.

MaLigue2 : Umut, vous avez remporté le titre de joueur du mois sur ML2, et aussi celui décerné par l’UNFP. C’est un joli doublé et une belle reconnaissance du milieu…

Umut Bozok : Ça me fait évidemment plaisir de remporter ces prix. Ça prouve que tous les efforts fournis et le travail paient. Maintenant ça ne me donne qu’une envie, c’est de continuer à ne rien lâcher, à travailler pour garder ce cap. Ces distinctions, c’est aussi grâce à mes coéquipiers, au staff et au club. J’ai été mis dans les meilleurs conditions dès le départ. Pour obtenir ces résultats personnels, c’est surtout l’aspect collectif qui prime.

Pensiez-vous démarrer aussi fort en Ligue 2 pour votre découverte de ce niveau ?

Non, pas du tout ! Mon objectif, c’était de marquer quelques buts et de faire parler un peu de moi. Je me disais que si je mettais huit buts dans la saison, ce serait déjà pas mal. Bon, j’en suis déjà à dix aujourd’hui, c’était inimaginable. Mais tant mieux, pourvu que ça dure. Je dois encore progresser, et surtout continuer à travailler comme cela.

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Vous êtes seul premier au classement des buteurs, pensez-vous que les défenses adverses vont désormais faire beaucoup plus attention à vous ?

Peut-être que ça changera des choses, on verra. Mais je me dis que si les défenses font une fixette sur moi, tant mieux. Ça libérera de l’espace pour mes coéquipiers pour qu’ils puissent marquer. Je ne suis pas l’homme à tout faire du Nîmes Olympique, c’est un vrai collectif. Il y a tellement de qualités dans tous les compartiments du jeu dans notre équipe… J’ai eu l’opportunité d’inscrire deux triplés en octobre, et ce sera bientôt à Rachid (Alioui) ou aux autres d’en mettre à leur tour quand moi j’aurais un peu mois de réussite. Et j’en serai le premier heureux. Je ne suis pas un attaquant égoïste, obnubilé seulement par le but.

Vous êtes-vous fixé un nombre de buts à atteindre cette saison ?

Non, ça ne sert à rien. Une fois cette barre atteinte, je pourrais avoir tendance à me relâcher un peu. Aujourd’hui, j’en suis à dix buts et je ne me prends pas la tête avec les chiffres. Si je dois mettre 40 buts dans la saison, j’en mettrais 40. Et si c’est 12, et bien ce sera 12. J’ai cette faculté à m’adapter facilement, et j’ai été mis dans les meilleurs conditions pour bien débuter la saison.

« Je m’épanouis avec le Nîmes Olympique »

Le rôle du buteur dans une équipe attire forcément les regards, que ce soit de la Ligue 1 ou de l’étranger. C’est quelque chose qui peut se révéler perturbant pour un attaquant un cours de saison ?

Non, non. Je ne pense absolument pas à la trêve hivernale ou quoi que ce soit. Je me focalise juste sur nos résultats et l’envie d’être performant avec mon club du Nîmes Olympique. Si ça marche pour moi, qu’il y a une bonne pub et qu’on parle de moi tant mieux. Mais j’ai envie de faire des belles choses avec le NO. Il n’y aura aucun départ cet hiver, et je ne pense pas encore à la suite. Ce n’est pas d’actualité et ce n’est pas mon rôle. J’avais envie de m’épanouir avec Nîmes cette saison et c’est le cas !

Sur un plan plus collectif, Nîmes réalise un très bon début de saison avec cette troisième place actuelle. Satisfaits de ces premiers mois de compétition ?

Oui, d’autant que les premiers matchs ont été un peu compliqués face à une belle adversité. Mais on a vite réussi à prendre des points et à bien se situer. On espère toujours le mieux, mais on ne va pas faire la fine bouche non plus. Quand il y a eu des petits accrocs, on a toujours su rebondir et repartir dans le bon sens. On travaille énormément au quotidien pour rester en haut. C’est le travail de tout un groupe, staff et club confondus. La montée ? On y pense, c’est normal, nous sommes compétiteurs, on veut toujours gagner nos matchs. Et puis Nîmes est habitué à jouer le Top 5 chaque année. Hormis l’année des -8 points, mais c’était différent. Et encore ils n’étaient pas loin d’être en haut également. Nîmes est un gros club de Ligue 2, avec peu de moyens, mais souvent bien classé.

Bernard Blaquart amène une vraie philosophie offensive. Ce doit être plaisant au quotidien pour un attaquant comme vous…

Le coach est comme cela en effet, il priorise l’offensive. C’est plaisant non seulement pour les attaquants et les joueurs en général, mais aussi pour les supporters ! On est tourné vers l’avant, mais on est satisfait aussi de ce qu’on propose défensivement. On joue au ballon, mais on a aussi un côté très rugueux, très hargneux, très athlétique qui fait notre force. On court énormément sur le terrain, il y a de la générosité.

« Ce n’est pas une vengeance par rapport à Metz, mais une revanche »

Vous avez été formé à Metz, mais ce club ne vous a pas donné la chance de vous exprimer chez les pros. Quand on voit votre réussite aujourd’hui, comment expliquer cette décision avec le recul ?

Je ne sais pas vraiment… Ils m’ont dit que c’était une question de physique, qu’ils avaient déjà ce genre de profils. Aujourd’hui, ce n’est pas de la vengeance pour moi, mais plutôt une revanche. Je n’ai aucune amertume envers le club. Mais je suis compétiteur, et je veux leur montrer qu’ils ont eu tort de ne pas me garder. J’ai envie de leur faire regretter un peu leur choix.

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Vous avez donc rebondi à Marseille-Consolat en National, où vous vous êtes révélé la saison passée avec 17 buts inscrits. Un club qui garde forcément une place particulière pour vous ?

Oui, c’était LE club qu’il me fallait après Metz pour mon éclosion. Et un peu comme cette année, tout n’était pas facile au début. Je jouais peu sur les 5 ou 6 premiers matchs, et je n’ai inscrit mon premier but que vers la 7e journée. Ça a mis un peu de temps. J’ai eu la chance aussi de tomber sur un coach qui m’a fait confiance. J’étais jeune, et devant moi il y avait des mecs expérimentés comme David Gigliotti. C’était tout à fait normal qu’il débute la saison titulaire. Mais j’ai fait mon petit bonhomme de chemin pour gagner ma place à force de travail. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à mes coéquipiers de Nîmes, mais aussi à ceux de Consolat qui m’ont beaucoup fait progresser.

La Turquie ne s’est pas qualifiée pour le Mondial 2018. Vous êtes aujourd’hui international espoirs, avec l’envie d’être de cette nouvelle génération pour la sélection ?

Oui, il y aura une place à jouer à l’avenir. Mais ce qui m’importe le plus en ce moment, c’est surtout le club. Si je suis performant avec Nîmes, alors je peux être appelé en Turquie ou avec la France. J’ai rejoint la sélection turque car ils ont été les premiers à m’appeler. Mes parents sont turcs, et moi je suis né en France. Je ne ferai jamais de différence entre la France et la Turquie, ce sont mes deux pays.

Propos recueillis par Dorian Waymel

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