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Bilan de mi-saison (13/20) : Un Pau FC renversant aux ambitions renouvelées

Qui aurait pensé voir le Pau FC s’inviter dans le top 5 après une saison 2022/2023 passée plus proche de la zone rouge que de la première partie de tableau ? Lancés dans un nouveau cycle, les Béarnais allient spectacle et efficacité, et se présentent comme un concurrent aux play-offs à l’aube de la 20e journée.

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Longtemps menacé par la zone de relégation l’an passé, le Pau FC fait partie de ces équipes qui ont passé un cap lors de la première partie d’exercice 2023/2024. Venu dans le but de stabiliser le projet palois en Ligue 2, Didier Tholot a réussi sa mission et a tiré sa révérence cet été après trois ans et 120 matchs sur le banc. Pour leur nouveau chapitre, les dirigeants des Maynats ont décidé de faire confiance à Nicolas Usaï après ses passages à Nîmes et Orléans. Un choix qui s’avère jusqu’ici payant, tant le visage affiché par ses hommes impressionne et fait souffler un vent de fraîcheur sur la seconde division.

D’autant plus que Pau a dû faire le nécessaire, en amont, afin d’être en mesure de renforcer un effectif souvent pillé de ses éléments les plus rayonnants. Avec l’un des plus faibles budgets de Ligue 2, la cellule de recrutement a prouvé qu’il était possible de bien travailler sans se ruiner. Bingourou Kamara, Khalid Boutaïb, Ousmane Kanté, Oumar Ngom ou encore Mehdi Chahiri, tous sont arrivés libres, tandis que Moussa Sylla ou encore Louis Mouton ont rejoint les rangs palois en prêt. Un mercato intelligent, venu s’ajouter à des joueurs de la qualité de Jean Ruiz, Henri Saivet ou Mons Bassouamina pour former un effectif solide désormais installé au cinquième rang du classement.

Pau a débuté sur courant alternatif

Il a fallu un peu de temps aux Béarnais avant de trouver leurs marques sous la houlette de Nicolas Usaï, même si leur première journée, soldée par un succès sans appel face à Bordeaux (3-0), laissait déjà entrevoir les esquisses d’une équipe flamboyante. Avec un début de saison en dents de scie qui les plaçait à un neutre dixième rang, l’on pouvait se demander si un maintien tranquille n’était pas l’objectif le plus réaliste à viser pour le Pau FC.

C’est après une victoire absolument renversante face au jusqu’alors invaincu GF38 (3-2), suivie d’un match nul au scénario hitchcockien contre Angers (4-4) que le véritable visage d’un groupe au fort potentiel a commencé à se révéler au grand jour. Dans la foulée, un pénalty d’Henri Saivet et une reprise de volée fantastique de Sessi D’Almeida refroidissaient Geoffroy-Guichard (2-1), et la saison paloise était plus lancée que jamais. Invaincus depuis le 21 octobre, les Béarnais ont toutes les raisons d’aborder 2024 avec de grandes ambitions, à l’image d’un capitaine Saivet qui ne veut pas voir ses coéquipiers se fixer de limites.

Des individualités qui montent en puissance, au service d’un collectif qui ne calcule jamais

Leader du vestiaire mais aussi garant technique du milieu de terrain, Henri Saivet s’est logiquement fait une place dans le onze type de mi-saison de MaLigue2. L’expérimenté milieu sénégalais compte déjà six buts et trois passes décisives, et a livré bon nombre de prestations sans accroc, comme à Saint-Étienne, où sa qualité en possession a permis à son équipe de construire sa victoire avec plus de certitudes. Moussa Sylla est présent sur notre banc. Prêté par le SM Caen, l’ailier de 24 ans est un élément incontournable de cette première partie de saison et totalise 8 buts et 3 passes décisives. Mons Bassouamina et Khalid Boutaïb ont également un apport non négligeable, tandis que derrière, il devient difficile de passer à côté des prestations immaculées de Jean Ruiz, et des nombreux sauvetages de Bingourou Kamara.

33 buts marqués pour 30 encaissés. Avec de tels chiffres, Pau montre que, pour performer en Ligue 2, il n’est pas forcément nécessaire de verrouiller. Mais il est également légitime de se demander si ce modèle saura se montrer viable sur toute une année. Face à des concurrents de la qualité offensive d’Angers ou Auxerre, aussi à l’aise en transition que Grenoble, ou de la solidité de Laval, les hommes de Nicolas Usaï auront-ils toujours les ressources pour batailler avec cette approche ? Jusqu’ici, ils ont en tout cas eu le mérite d’essayer, et avec succès, puisqu’ils ne se sont jamais inclinés face à l’actuel top 5 de Ligue 2. Pour continuer à se mêler à la lutte pour la montée, il faudra peut-être trouver le moyen de fermer un peu les vannes. Même si, pour l’observateur neutre, il faut dire que le style de jeu prôné par les Béarnais est un petit bol d’air frais.

Photo Baptiste Fernandez/Icon Sport

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