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Son départ inattendu de QRM, son avenir… Entretien ML2 avec Romain Padovani

Championnat

Capitaine de QRM la saison dernière en Ligue 2, Romain Padovani a disputé, sans le savoir à ce moment-là, son dernier match lors du barrage retour victorieux du maintien contre Villefranche-Beaujolais le 29 mai dernier. Alors qu’il pensait poursuivre l’aventure en Normandie, le défenseur a été prévenu tardivement qu’il ne faisait pas partie des plans pour 2022-2023. En fin de contrat, l’ancien de Monaco ou Chambly se retrouve donc libre. Il nous parle de ce départ surprise, et de son avenir sur MaLigue2.

MaLigue2 : Romain, l’annonce de votre départ de QRM a surpris beaucoup d’observateurs après ce maintien acquis contre Villefranche…

Romain Padovani : Je devais tranquillement re-signer à QRM. Il n’y avait limite pas de débat avec la direction, le président. Cela faisait deux ans que j’étais là, j’étais le capitaine de l’équipe. Pour eux, j’avais le feu vert. Mais on a changé d’entraîneur, et Olivier Echouafni n’a pas cherché à comprendre… Je pense qu’il a profité du fait que je sois en fin de contrat pour amener du changement. C’était la surprise générale au club, pour moi aussi. On a fêté le maintien, et derrière je me retrouve à ne pas prolonger… C’était une situation un peu délicate, surtout que j’ai été prévenu un peu tard. Ce n’est pas terrible de la part d’Olivier Echouafni, un ancien joueur, de me prévenir aussi tard. Cela me paraissait la priorité deux jours après son arrivée qu’il puisse me passer un coup de fil en tant que capitaine pour me dire son choix. Cela a mis un peu de temps, je ne sais pas si j’aurais pu trouver un club plus vite, je n’ai pas de boule de cristal mais bon…

Ce n’est pas le président Michel Mallet qui vous a appelé ?

Non plus. Il m’a appelé beaucoup plus tard, cela s’est arrangé depuis. Mais la façon dont ça a été fait… Derrière, c’était trop tard pour appeler d’autres clubs de Ligue 2.. J’aurais beaucoup aimé pouvoir rejoindre un club comme Annecy par exemple. Mais c’était tard. Donc voilà, je me retrouve sans rien. Dunkerque (relégué en N1) m’a appelé, mais j’ai mon fils sur Nice. J’ai fait le choix de ne pas repartir en N1. Je sais qu’il faut jouer au football le plus longtemps possible et que cela passe sans doute par le fait de redescendre d’un niveau. Mais ma situation familiale fait que je ne repars pas en N1 loin de mon petit car il ne peut pas me suivre.

« J’ai reçu énormément de messages de gens surpris que QRM ne me garde pas »

Comment voyez-vous votre avenir dans ces conditions ?

J’ai d’autres projets déjà en tête au cas où. Passer mon BEF (Brevet d’entraîneur de football) par exemple, ou des projets dans le golf. Si j’avais 25 ans, cela m’aurait embêté, cela aurait été un coup d’arrêt. Là, j’arrive sur mes 33 ans. J’ai encore la forme pour jouer, mes deux dernières saisons sont celles où j’ai été le plus performant en changeant de poste pour évoluer défenseur central, c’est ce qui me correspond. Après, si cela doit s’arrêter là… Le mercato n’est pas terminé, on ne sait jamais. Mais c’est compliqué. Je n’ai peut-être pas un profil qui attire forcément non plus. Je ne suis pas un grand, costaud pour mon poste. Je suis plus dans la lecture du jeu. Bruno Irlès disait : “Romain, on connaît sa valeur une fois qu’il est avec nous“. Mon profil attire moins les clubs, et même pour Olivier Echouafni. Je suis persuadé que s’il avait appris à me connaître ça se serait très bien passé avec lui. Mais il n’a pas cherché.

Vous sortez de deux belles saisons avec la montée en Ligue 2 puis le maintien sous les couleurs de QRM !

Oui, et avec des grosses performances je pense. C’est dommage ! J’ai reçu énormément de messages de gens surpris que QRM ne me garde pas. Mais c’est le foot. Un coach qui ne veut pas d’un joueur, cela arrive tous les jours. La direction n’a pas mis de veto car ils laissent les cartes au coach. Malgré ma relation très bonne avec le président, je pense qu’il n’est pas ravi de ce choix, mais il laisse l’entraîneur faire ses choix. L’erreur que j’ai faite, c’est que j’aurais dû dire deux mois avant la fin de saison au président qu’on renouvelle mon contrat en cas de maintien. J’aurais été sous contrat et j’aurais sans doute eu l’occasion de montrer à Olivier Echouafni que j’aurais pu faire l’affaire.

L’objectif est donc de rester au minimum en Ligue 2 et ne pas redescendre en N1 ?

C’est un choix. Je le répète, si j’étais plus jeune, j’aurais fait le sacrifice de pouvoir aller loin de chez moi. Mais j’ai aussi envie de terminer sur une bonne note. Je me suis fait deux fois une rupture des ligaments croisés sur la même jambe quand j’étais jeune. Donc de pouvoir finir par une belle saison en Ligue 2, c’est aussi une fierté. Certains m’avaient dit que le football était terminé pour moi à l’époque. Je suis content du chemin que j’ai fait. Finir en tant que capitaine sur une montée puis un maintien, pourquoi pas. Après, si un club de Ligue 2 m’appelle, j’y vais ! Je m’entretiens physiquement pour signer. Si des équipes sont un peu en difficulté et ont besoin de se renforcer, je suis dispo ! La Ligue 2 est belle, et elle est encore plus magnifique cette saison.

Une reconversion en tant que coach est-elle envisagée au cas où ?

Je ne sais pas si ça me plairait, mais pourquoi pas. Déjà, je veux passer le BEF et pourquoi pas avoir le rôle d’adjoint un jour ou quelque chose comme cela. Cela me correspondrait beaucoup plus, je pense. Bruno Irlès ? Il m’a permis à 20 ans de continuer le foot en me reprenant avec la CFA à Monaco. Il m’a aussi fait vivre la plus belle année en montant avec QRM. Sans lui, on ne serait jamais monté. Même s’il est parti à la trêve – et d’ailleurs ce n’est pas un hasard si nos résultats étaient plus compliqués ensuite – je resterai toujours en contact avec lui et on verra dans le futur.

Propos recueillis par Dorian Waymel

Crédit photo : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport

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