Les stades mythiques de Domino’s Ligue 2

Histoire

Enceinte historique, emblème d’un club et de toute une ville, bâtisse unique, certains stades sont les témoins de la naissance d’un club, de ses années folles et ses débâcles. Ils gardent en eux les cicatrices indélébiles de l’Histoire de leur club. Plusieurs stades de Domino’s Ligue 2 ont du vécu à raconter. Comme dans la cour de récré, il y a les antédiluviens qui, peu importe les circonstances, auront toujours le respect de leurs homologues. À côté d’eux, il y a les plus populaires, ceux qui remplissent les tribunes et où on s’amuse le plus. Et puis, il y a les nouveaux, les plus jeunes, qui dans l’ombre des géants tentent de faire entendre leur voix. Chacun ont leur histoire, leur spécificité, leur présent. Voici leur histoire.

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Robert Diochon le doyen, Marcel Picot le populaire

Le stade le plus ancien de Domino’s Ligue 2 est celui de l’avant-dernier de ce championnat, Quevilly-Rouen Métropole. En effet, Robert Diochon date de la Première Guerre Mondiale. L’enceinte voit le jour en 1914, sous le nom de stade des Bruyères. Il en changera en 1953, pour prendre celui du cofondateur du club et président emblématique pendant 51 ans, Robert Diochon.

Le stade Francis Le Blé de Brest lors de la rencontre SB29-Nancy.

Rouen y séjournait seul depuis 1914, jusqu’à ce que Quevilly-Rouen Métropole vienne y poser sa patte à partir de 2015. Une cohabitation pas forcément acceptée de tous les supporters du FC Rouen, qui ne voient pas d’un très bon oeil ce partage de cette enceinte historique. Mais qui permet à QRM de batailler dans le monde professionnel.

Alors que l’un voit le jour à l’aube de la Grande Guerre, l’autre apparait au crépuscule de cette dernière, et fête cette année son centenaire. En hommage au religieux et fondateur de l’AJ Auxerre Ernest-Théodore Valentin Deschamps, dit l’abbé Deschamps, germe le Stade de la Route du Vaux. Rebaptisé l’Abbé-Deschamps en 1949 après la mort du prêtre français, il subira, un an plus tard, un petit lifting commandité par Guy Roux. Le terrain étant ceinturé par une piste d’athlétisme, celui-ci décidera de la faire supprimer pour entrer dans les normes en terme de taille du terrain.

Quatre ans plus tard, à 715 km de là, est construit sous le nom de l’Armoricaine un stade prévu pour les associations destinées à protéger et à venir au secours des pauvres. Rebaptisé le Stade Francis-Le-Blé en 1982, suite à la mort de l’homme politique, le Stade Brestois n’y évoluera qu’à partir de 1950. On aurait pu s’arrêter à ce top 3 des aînés, mais l’Histoire du quatrième frappait trop fort à la porte pour l’ignorer. Il s’agit de Marcel Picot.

Le stade de l’AS Nancy-Lorraine voit le jour en 1926, sous le nom de Stade du parc des sports du pont d’Essey. Il est l’initiative du chapelier passionné de sport et ancien président du stade universitaire lorrain et du FC Nancy, Marcel Picot. Il donnera son nom à la bâtisse en 1968. Si le stade Marcel Picot est mythique en France, c’est parce qu’il a accueilli les plus grands noms de l’Histoire du football. Le 23 mai 1988, Pelé et Maradona sont présents à Picot pour rendre hommage à l’immense carrière de l’ex-nancéien Michel Platini. Un stade, trois légendes.

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Bollaert-Delelis le plus grand de tous 

Si l’on traite le sujet des stades de Domino’s Ligue 2, il est difficile de ne pas évoquer l’un des plus beaux stades de France, celui du Racing Club de Lens. C’est en 1932, au près des fosses 1 et 9 que prend forme la bâtisse nordiste. C’est la compagnie des mines de Lens dont le directeur commercial est Félix Bollaert qui prend l’initiative de la construction, réalisée par 180 mineurs, afin de favoriser le développement des clubs sportifs de la région. De nos jours, le nom du stade s’est allongé laissant une place à André Delelis, maire de Lens et ministre du gouvernement Pierre Mauroy à la fin du XXe siècle.

Plus grand stade de Domino’s Ligue 2 et 8ème plus imposant en France (en terme de places), Bollaert-Delelis accueille près de 38 223* Sang et or dans son antre, avec un record d’affluence de 48 912 personnes établi le 15 février 1992 lors de la venue de l’Olympique de Marseille. Bien plus qu’Auguste-Delaune, deuxième plus grande enceinte de Ligue 2.

Porté par ses ambitions de Ligue 2 au début des années 2000, le stade de Reims a subi une reconstruction totale. Plus moderne et plus grand, Auguste-Delaune est passé de 9 000 à 20 546 places. Juste derrière, sur la dernière marche du podium, Marcel-Picot. Opérées de 1999 à 2003, la reconstruction des tribunes (seule la tribune Hazotte est épargnée puisqu’elle date de 1973), l’introduction des virages au sein de l’enceinte et la mise en place d’une fosse qui entoure le terrain permettent à l’ASNL d’atteindre les 19 965 places. Bien qu’ils soient les plus grands, ces trois stades tiennent leur rang dans le classement des meilleures affluences. Bollaert-Delelis caracole en tête avec une moyenne de 23 432 Lensois, juste derrière Marcel Picot avec une moyenne de 11 323 Nancéiens et Auguste-Delaune avec 8 978 Rémois.

*Les stades sont classés selon leur capacité commerciale indiquée sur le site de la LFP

Cela dit, la fréquentation dans les stades de Domino’s Ligue 2 cette saison ne fait que baisser. Si il est le stade le plus ancien, Robert Diochon est surtout celui qui connait la moins bonne affluence de Domino’s Ligue 2 en 2017/2018 avec une moyenne de 2 517 spectateurs. En Bretagne, bien qu’il ne soit pas sur le podium des plus grands grands stades ni des meilleurs affluences, le stade du Moustoir de Lorient tire son épingle du jeu dans une compétition, celui du championnat des Tribunes, puisqu’il est en tête après 29 journées. Malgré ces chiffres, il est à noter que l’affluence de Domino’s Ligue 2 continue de chuter, jusqu’à atteindre les 9% de chute sur un an après 30 journées.

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René Gaillard et Francis le Blé devraient laisser leur place 

Entre hôte de compétitions, vente, et nouveauté, les stades de Domino’s Ligue 2 vont encore faire parler d’eux dans les années qui viennent. En 2019, trois stades de Domino’s Ligue 2 seront mis à l’honneur et recevront le Mondial féminin : le Stade Océane du Havre et le Stade du Hainaut à Valenciennes auront la chance d’accueillir un quart de finale, et le Stade Delaune de Reims lui accueillera un huitième de finale.

Pendant ce temps, des projets de nouveaux stades fleurissent en Domino’s Ligue 2. Alors que l’on parle de la possibilité d’un nouveau stade à Niort dédié uniquement au football dans les trois ou quatre ans, contrairement au stade René Gaillard destiné à l’athlétisme, le nouveau stade de Brest, lui, devrait être mis en fonction dès 2021, au plus tard 2022. Le stade Francis Le Blé laisserait sa place à une nouvelle enceinte de 13 000 sièges située à Guipavas.

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