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Interviews - 26 septembre 2017 Laurent Mazure 4 commentaires

Faruk Hadzibegic : « Une attaque frontale sur l’homme, je ne suis pas un menteur »

Dimanche soir, Faruk Hadzibegic apprenait de la voix de son président, Eddy Zdziech, qu’il n’était plus l’entraîneur de Valenciennes. Mais ce mardi matin, le technicien dirigeait toujours la séance d’entraînement du club, sur demande d’un président qui a déclaré, devant les supporters, qu’Hadzibegic n’avait pas été débarqué et qu’il restait en place. L’incompréhension est totale. Le coach, qui va bientôt fêter ses 60 ans, a exposé sa version devant la presse. Conférence hallucinante !

Etes-vous encore l’entraîneur de Valenciennes ?

Je suis l’entraîneur. Vous avez vu que je suis sur le terrain. J’ai dirigé la séance matinale. Je suis vraiment très surpris de la situation qui s’est créée sans que je ne sois ni fautif ni responsable. Franchement, je comprends peu de chose…

Un peu comme nous…

J’ai eu l’opportunité d’écouter le président devant les supporters, comme quoi j’étais toujours le coach. Donc je ne comprends pas toujours bien ce qu’il se dit. Ce n’est pas la première fois. J’étais bien convoqué dimanche, où il m’annonçait qu’il va se séparer de moi. Mon conseiller a bien été convoqué ce lundi au club. Il a passé toute la journée à discuter avec la direction du club, dont le président Zdziech. Puis, à 20h, comme il n’y avait pas d’accord, il m’a dit de venir ce mardi à l’entraînement. Je n’ai rien inventé. J’ai bien compris. Et, en plus, il y a un certain nombre des gens du club qui ont été prévenus par téléphone qu’une décision a été prise et qu’il existait une discussion sur une séparation. On me dit que j’ai organisé tout cela… Je suis humain ! Je peux être un bon entraîneur ou un mauvais. Chacun juge le travail. Je pense être un homme droit et qui ne se prend pas la tête. J’ai une éducation, donc je n’invente pas les choses.

C’est une situation surréaliste !

Je n’ai jamais vécu ça. Je n’ai jamais connu ça ailleurs.

Comment le vivez-vous ?

Très mal. Franchement très mal. Je suis surpris de tout ça. Je suis arrivé au club dans un moment difficile. Je me suis engagé, je m’engage toujours. Je crois au projet. Vous savez ce que j’ai fait pour le club. Je crois en ce club, en cette équipe. Et là, ce week-end, j’ai pris une gifle. Je ne sais pas comment m’en remettre. Là, c’est très dur pour moi. J’essaye de rester calme, mais comme je n’ai pas d’expérience dans cela… Après, changer d’entraîneur, ce n’est pas un problème. Mais vivre cette situation me gène beaucoup.

Quelles sont les évolutions possibles ?

Le président a parlé avec les cadres puis avec les joueurs, avec le staff ce matin. J’étais présent lors de la discussion avec le staff. Il a dit que j’avais mal compris. Toujours entraîneur ? Oui, oui, oui. Mais bon… On arrive à une situation où je n’attends pas de miracle. Je pense que c’est une question de jours. Je regrette. Je me suis engagé depuis le premier jour. Mais quand on arrive à cette situation, c’est dur à vivre.

Vous allez être licencié dans quelques jours, donc ?

Je vais travailler comme si j’allais resté 10 ans. Je n’ai pas perdu la flamme ni la motivation. Mais je suis touché. Je peux accepter les critiques sur mon travail d’entraîneur. Mais là, c’est une attaque frontale sur l’homme. Je ne suis pas un menteur.

« Il ne faut pas me donner des responsabilités de ce que je n’ai pas fait. »

Pouvez-vous encore travailler ensemble avec le président ?

Je suis un professionnel. Je suis ici avec mon coeur, avec tout mon engagement. Avec ma famille, nous partageons la vie de tous les Valenciennois. Mais c’est dur de vivre comme ça. Je n’attendais pas cela.

Vous avez eu une discussion franche avec lui ?

Je n’ai pas demandé à lui parler. C’est lui le président. Je reste à ma place.

Pour revenir à dimanche soir, il vous a bien dit que vous étiez licencié ?

J’ai été convoqué par SMS vers 16h pour 18h30, avec le président et son fils où il me fait part de sa décision de changer de coach, et qu’il souhaitait avoir une discussion avec mon conseiller le lundi. C’était confirmé par SMS. A la fin, lundi, c’est le président qui a dit qu’il arrêtait toutes discussions et que je serai présent ce mardi à l’entraînement.

Vous ne savez pas si vous serez encore là demain et en fin de semaine ?

Il est en réflexion. Je vais travailler comme si j’allais rester 10 ans. Lui décidera ce qui sera bien pour lui. Je ne peux pas commenter cela.

« Je ne suis pas dans le mensonge »

Les tensions entre vous et le président sont apparues cet été avec un mercato où vous n’étiez pas en phase ?

Je peux tirer un joker ? Joker alors. Tout le monde dit que j’ai le droit de m’exprimer. Je suis dans une position où je souhaite construire une équipe. Et construire une équipe, ce n’est pas additionner les joueurs. J’assume les responsabilités de ce que j’ai fait, mais il ne faut pas me donner des responsabilités de ce que je n’ai pas fait.

Il pense que l’équipe vaut beaucoup mieux que cela…

Aujourd’hui, nous avons beaucoup plus de joueurs en nombre que l’an passé. Cette équipe a besoin de temps pour satisfaire au niveau professionnel. Chez nous, nous avons des joueurs qui jouent en DH. Des garçons qui sont venus de National. Des garçons qui sont venus après une pause dans leur carrière assez importante. Il faut mettre tout ça au niveau. Je soutiens mon équipe et le club. Mais il faut regarder les choses avec lucidité et avec raison. Je ne suis pas dans le mensonge dans ce que je dis, en ce qui me concerne…

Cette situation est un gâchis ?

Je ne sais pas pour quel intérêt nous arrivons à cela. L’équipe, depuis 2 ans, n’avait pas eu autant de sérénité grâce au travail de tout le monde. On tombe, après cette victoire contre Lens, dans une euphorie qui débouche sur une préparation pas idéale. Puis on en arrive à attaquer le coach et l’exposer à un problème que je n’ai jamais souhaité dans ma vie. Au-delà d’être touché, je pense que je mérite autre chose. Je ne vois aucune raison. Dans la vie, on peut tout régler. On s’aime, on s’aime pas, pas de souci. Mais chercher une petite bête… Je ne comprends pas.

Que vous a-t-il dit dimanche soir pour motiver sa décision ?

Il n’acceptait pas que je dise que nous n’avions pas un effectif moins bon qualitativement que l’an dernier. Il pense qu’on va finir en-deçà de la 14e place. C’est absolument faux ! Je dis ce que je pense. Je m’engage à travailler avec ces garçons. Cette équipe a besoin de travailler, elle a de l’avenir. Si je dis ce que je pense de mon équipe, est-ce un problème ? En plus, je le dis devant mes joueurs. Cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas une bonnes équipes. Quand j’ai choisi mon métier, je savais qu’il y aurait des difficultés. Mais il ne faut jamais toucher l’homme. Manquer de respect, non. Chacun travail avec ses capacités intellectuelles, physiques, morales. Dans le football comme dans d’autres métiers. Je suis très touché, très touché. Je suis responsable d’une famille, avec de petits enfants.

Propos recueillis par Laurent Mazure, au Mont Houy

4 Commentaires

  • Dominique THIEBAUT dit :

    Je pense que Faruk est un entraineur intègre, digne, impliqué dans son travail avec la même ferveur que ses jeunes joueurs qui l’ apprécient.
    Il porte bien le projet de développement du Vafc et son ambition peut ramener notre equipe de football professionnelle en Ligue 1 .
    Et il pourrait bien y écrire de nouvelles pages remplies d’ exploits et d’échanges humains avec son public qui ne demande qu’ à vibrer dans ce si beau Stade du Hainaut.
    Maintenant le President Eddy Z, comme beaucoup de supporters a été échaudé par les 3 défaites consécutives.
    A mon avis sa volonté de licencier son entraineur n’ est pas acceptable au vu :
    – de la rapidité de sa decision,
    – d’ une situation pas aussi catastrophique,
    – et de l’ implication d’ une equipe qui finira bien par trouver ses marques.
    Quel dommage ! Espérons que le President du Vafc saura revenir sur sa decision trop hâtive et qu’ il sera à la hauteur de rétablir un dialogue courtois et fructueux avec son entraineur pour assurer un bon avenir au Vafc que nous supporters nous aimons tant.

  • Auger dit :

    Je suis de tout cœur avec vous coach et j’attends vendredi soir pour vous rencontrer à Orléans.
    Cordialement

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