Malik Couturier : “Laval est une valeur sûre de la Ligue 2”

Championnat

Trois clubs, 12 saisons, 325 matchs de Ligue 2 disputés. Le défenseur de Laval, Malik Couturier, est un joueur emblématique de notre championnat. A la veille de la réception du RC Lens pour la 29e journée, l’ancien Niortais et Angevin livre son regard sur l’évolution de la division, revient sur les différentes étapes de sa carrière et évoque bien sûr le présent avec une deuxième victoire en 2016 en ligne de mire. Entretien.

MaLigue2 : Laval (12e) n’a plus gagné depuis le 15 janvier contre Auxerre (4-1). C’est inquiétant ou c’est juste une mauvaise passe ?

Malik Couturier : Non je pense que l’on est dans une mauvaise passe. Mais c’est sûr que si on continue comme ça, on ne va pas gagner beaucoup de matchs jusqu’en fin de saison.

Mais en même temps, vous restez sur 4 rencontres sans défaite, avec 4 matchs nuls. Qu’est-ce qu’il vous manque pour faire pencher la balance du bon côté ?

Une dose de réalisme et d’efficacité pour prétendre à prendre les 3 points. C’est sur ce point qu’il faut insister : être plus réaliste dans la zone de vérité. C’est comme cela qu’on pourra obtenir notre deuxième succès en 2016.

Aucun but marqué lors de 6 des 7 dernières journées, hormis le nul contre le leader dijonnais où vous avez trouvé le chemin des filets d’ailleurs (2-2). C’est un manque de confiance des joueurs offensifs ou c’est un problème plus global d’animation collective ?

Couturier Laval Dijon
La défense dijonnaise battue à plate couture…

C’est vrai qu’on ne marque pas beaucoup. Mais à l’inverse on encaisse pas beaucoup non plus. C’est donc un équilibre à trouver. Je ne pense pas que ce soit lié à un manque de confiance, et ça serait trop facile de pointer du doigt uniquement les attaquants. On se doit d’être plus performants collectivement en effet. Je trouve aussi qu’on ne marque pas assez sur les coups de pied arrêtés, et les défenseurs centraux, comme moi, ont leur rôle à jouer de ce côté-là. On voit qu’en L1 ou en Ligue 2, certaines équipes tournent à 30 ou 40% de leurs buts sur phases arrêtées. Il faudrait tendre vers ce pourcentage aussi. Ce n’est donc pas uniquement du ressort des attaquants.

“Lens ? C’est une rencontre de gala”

Votre prochain rendez-vous en Ligue 2, c’est l’occasion de vous confronter à une équipe encore en course pour la montée contre le RC Lens. Comment abordez-vous ce match ?

A l’aller, on avait pris un bon point là-bas (1-1). Mais un point à l’extérieur est positif quand derrière on enchaîne à domicile. Sauf que cette saison on a beaucoup de mal à le faire. Je m’attends à un match forcément compliqué car Lens est dans une spirale positive et vise encore le podium. Pour nous, pour la ville, c’est une rencontre de gala de recevoir Lens. Donc on se doit de porter haut les couleurs du club.

Vous disputez votre 12e saison à ce niveau depuis vos débuts à Niort en 2003-2004. Comment percevez-vous l’évolution du championnat au fil du temps ?

Je trouve qu’il est beaucoup plus homogène qu’auparavant. Il y a aussi plus de joueurs avec de très bonnes qualités individuelles parce qu’il y a plus de joueurs de Ligue 1 ou passés par la Ligue 1 qu’avant. Il n’y a plus de fossé entre les deux divisions. J’en discutais justement avec Valentin Lavigne (arrivé à Laval en prêt de Lorient cet hiver, ndlr) et il était d’accord avec moi. C’est un parfait exemple. Aujourd’hui venir en Ligue 2 pour un jeune joueur de L1 est forcément bénéfique.

Vous êtes resté 11 ans à Niort, puis 5 à Angers avant de débarquer à Laval. Que retenez-vous de vos précédentes expériences et qu’est-ce qui motive à un moment donné de changer d’environnement ?

C’est facile à dire car je n’ai connu que 2 clubs avant Laval, mais Niort et Angers sont vraiment deux clubs de cœur. Dans chacun d’entre eux, j’ai rencontré des personnes extraordinaires et il y en aurait beaucoup trop pour tous les citer. Mais je ne garde que des bons souvenirs de ces passages. Niort est mon club formateur et cela a été très important pour moi évidemment. Puis, j’ai choisi de partir pour un club avec plus d’ambitions, sans dénigrer Niort.

A Angers, on jouait la montée tous les ans. Le club était structuré pour rejoindre la L1 et cela a porté ses fruits j’en suis très heureux pour eux. Je suis parti en 2013 mais je n’ai pas de regrets sur ce choix car je sentais, après avoir discuté avec les dirigeants, qu’une stratégie nouvelle se mettait en place. Bien sûr l’un de mes rêves est de connaître un jour la Ligue 1, et peut-être cela sera encore possible. Mais je suis très bien à Laval même si ma première saison a été tronquée sur le plan sportif par une opération à cause d’une pubalgie. La page est tournée. Laval est une valeur sûre de Ligue 2 et dans l’esprit c’est comparable à ce que j’ai connu à Niort.

“J’essaye de tenir le rôle du grand frère, du papa”

Vous parliez de votre opération, pourtant cela ne vous a pas empêché de disputé plus de 20 matchs tout de même cette saison-là. D’ailleurs hormis votre 1ere saison chez les pros, jamais vous n’êtes descendus sous la vingtaine de rencontre disputées. Quel est le secret pour une telle régularité dans ce championnat exigeant ?

Malik n'est pas encore près de dire au revoir au foot !
Malik n’est pas encore près de dire au revoir au foot !

Je pense que c’est lié à l’hygiène de vie et à ma conscience professionnelle. Il faut essayer de se préparer au mieux avant et après les efforts. Après il n’y a pas de vérité et certains sont plus touchés que d’autres par les pépins. Mais je crois au fait qu’une bonne préparation, tout le ‘travail invisible’ comme l’appelle le coach, est important pendant la semaine. Je passe beaucoup de temps au club, à faire de la salle et des soins en-dehors des séances. C’est peut-être ça mon secret (rires). Mais je n’étais pas comme ça à mes débuts quand j’avais 20 ou 21 ans. J’en ai pris conscience au fil de ma carrière et j’en ai ressenti le besoin.

Justement avec votre vécu, quel rôle est le vôtre au sein du vestiaire ? Celui d’un second capitaine derrière Anthony Gonçalves par exemple ?

J’essaye de tenir le rôle du grand frère, ou du papa. Après je ne ressens pas le besoin de beaucoup parler, de dire aux jeunes de faire ceci ou cela. En revanche s’ils ont besoin de parler ou de conseils ils savent très bien que je suis là. Au niveau du comportement, nous les ‘anciens’ -ou les moins jeunes on va dire (rires)- nous nous devons d’être exemplaires dans l’investissement.

Vous avez 34 ans. En France, on entend souvent que passé la trentaine, le joueur est sur le déclin…

Aujourd’hui mon maître-mot c’est compétition, mais surtout plaisir. Si je peux continuer encore longtemps je le ferai. Tant que je sentirai que ma tête suit alors je n’arrêterai pas. Pour mon après-carrière, ça dépendra des opportunités. Je sens bien que depuis mes débuts le monde du football a changé, que ce soit au niveau médiatique ou des nouvelles générations de joueurs. Donc je ne sais pas encore si je resterai dans le foot. Mais pour le moment la retraite, je n’y songe pas !

Propos recueillis par Dorian Waymel

Crédit photos : ImageSport/Nicolas Geslin

 

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