Entretien ML2 – Zakaria Diallo : « Ma saison la plus aboutie »

Elu dans l‘équipe-type 2016-2017 de Ligue 2 par  MaLigue2.fr, Zakaria Diallo a donné la pleine mesure de son talent sous les couleurs du Stade Brestois (35 matchs, 3 buts). Après cette belle saison en Bretagne, le défenseur central de 30 ans aspire désormais à tenter un nouveau challenge. En pleine préparation estivale, le joueur formé au HAC a accepté de revenir sur son parcours atypique et sur ses envies pour l’avenir.

MaLigue2 : Zakaria, avez-vous le sentiment d’avoir disputé votre meilleure saison l’année passée en Ligue 2 sur le plan personnel ? 

Zakaria Diallo : Je pense que c’est ma saison la plus aboutie oui, car nous avons joué le haut de tableau toute la saison avec Brest, même si on a déconné sur la fin… On a concédé des défaites que l’on aurait jamais dû. Après, je pense que la saison d’avant à l’AC Ajaccio était également très réussie (37 matchs). Ma saison à Brest était dans la continuité de celle avec l’ACA. J’étais beaucoup plus sollicité là-bas, mais les performances passent un peu plus inaperçues quand tu luttes pour le maintien. Là, on a passé 33 journées sur le podium quand même.

Avez-vous digéré cette montée ratée d’un rien avec le SB29 ?

Ça fait encore mal… Même en vacances, tout le monde m’en parlait. Je l’ai encore en travers de la gorge. On se doit d’avancer, mais on oublie pas. Non, c’est vrai que j’y pense encore souvent à ce qu’on a raté. On se voyait déjà monter, ça s’est joué sur les 5 derniers matchs. On avance, mais on oublie pas.

Pourtant, vous n’étiez pas forcément programmé à jouer la montée avec autant de changements, du président à l’effectif ?

Crédit Photo : SB29/Olivier Stephan

Oui, c’est vrai qu’il y a eu l’arrivée de Denis Le Saint, de Jean-Marc Furlan et d’une douzaine de joueurs. Le projet de base n’était pas de monter en effet. Mais bon on s’était dit qu’on verrait où on en serait six ou sept mois après le début du championnat, et on était très bien placé. Ça a tout de suite pris dans l’équipe, notamment grâce à un super coach. Son discours nous a fait du bien. Bien sûr qu’il y avait du talent et de la qualité, mais l’entraîneur avait toujours les bons mots.

« J’ai arrêté le foot pendant quatre ans, jusqu’à mes 23 ans »

Pourquoi l’équipe s’est écroulée sur la fin ? La fatigue ?

Non, même pas. Les défaites à domicile contre Amiens (2-3, J34) ou Nîmes (2-3, J36), ce sont les matchs où on a le plus d’occasions ! Ça s’est joué à des petites erreurs… C’est tombé au mauvais moment.

Revenons sur votre parcours. Vous avez percé tard chez les pros…

Oui, je ne suis passé professionnel qu’à 24 ans. J’ai été formé au Havre, puis je suis resté quatre ans sans jouer après cela. J’avais arrêté le football. J’ai ensuite repris à 23 ans dans un petit club près de chez moi, à Deauville, et tout est allé vite. Ensuite je suis allé à Beauvais en National où j’ai pu montrer mes qualités pendant six mois. Derrière, je suis passé pro en Belgique à Charleroi, avant de partir à Dijon. C’est le club qui m’a permis de me révéler en Ligue 2. J’y suis resté le plus longtemps, soit trois ans et demi. Olivier Dall’Oglio m’a tout appris dans le foot, c’est là-bas que j’ai acquis un statut, avec une saison pleine en 2013-2014 (33 matchs, 2 buts). Le DFCO évolue bien, et c’est mérité pour eux d’être en L1 aujourd’hui toujours avec le même entraîneur.

Pourquoi avoir arrêté complètement le foot ?

Tout se passait bien au Havre. Et puis j’ai commis quelques erreurs de jeunesse et il y a eu résiliation de contrat. J’étais jeune, j’avais 18 ou 19 ans et à cet âge-là, on veut tout de suite retrouver un club pro. Mais je n’avais pas d’agent… Tout le monde m’a abandonné et plus personne ne comptait sur moi. J’ai arrêté longtemps avant de m’accrocher, de me battre et de repartir.

Aujourd’hui vous ne faites plus partie du groupe de Jean-Marc Furlan pour la préparation. Quelle est votre situation ?

Je m’entraîne à Brest mais les dirigeants m’ont dit qu’ils ne comptaient plus sur moi car je suis sur le départ. Plusieurs clubs sont intéressés par mon profil et on prend le temps avec mon agent de trouver le meilleur challenge. Des clubs de Championship et même quelques uns de Premier League se sont renseignés. A 30 ans, je suis encore frais dans la tête car j’ai percé tard. Je me vois encore jouer sur le long terme. Des clubs turcs sont également sur le coup. Pour la L1, on ne ferme pas la porte, mais j’ai envie de tenter un nouveau défi à l’étranger.

Propos recueillis par Dorian Waymel

Crédit photo : SB29

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