https://www.imagesport.fr/portfolio/saison-2016-2017/stade-lavallois-havre-ac-5/

Quelle empreinte laissée par la pointure Bob Bradley au Havre AC ?

Bob Bradley ne sera pas resté une année complète en Ligue 2. Arrivé en novembre 2015 à la suite de Thierry Goudet, le technicien américain quitte le navire havrais en ce début octobre, après avoir accepté l’offre de Swansea, club de Premier League lui offrant la succession de Francesco Guidolin. Une proposition plus que difficile à refuser, on en conviendra aisément. Ce qui nous intéresse, à froid, réside plutôt dans la trace laissée par le passage d’un coach du standing de Bob Bradley dans notre championnat de Ligue 2.

Au final, son bilan sportif comptable s’avère vraiment bon : 58 points en 34 matchs coachés en Ligue 2 pour une moyenne de 1,7 point/match. La base défensive de son football s’est montrée solide, avec 34 buts encaissés en championnat. Le bilan offensif est un peu moins réjouissant, avec 47 buts marqués (1,38 but/match).

LeHavre

Pas de standing ovation pour Mr Bobby

D’un point de vue médiatique, la venue de l’américain a porté ses fruits. On n’a rarement autant parlé du HAC dans les médias nationaux. En comparaison avec les autres clubs de Ligue 2, évidemment. Quand la Ligue 2 obtient souvent les faveurs des médias pour du « fait divers » (l’affaire des matchs présumés truqués du Nîmes Olympique, la main de Christopher Maboulou…), le HAC a réussi à faire parler de lui de manière positive. Sans que grand monde n’aille réellement creuser et suivre assidûment le travail du technicien US. Bob Bradley a délivré quelques bonnes interviews, qui ont également permis de faire passer un message plutôt positif sur son travail. Ses conférences de presse furent d’ailleurs souvent intéressantes. Voilà pour le factuel.

« On ne le sentait pas imprégné de la culture club »

D’un point de vue émotionnel – et c’est probablement là le plus intéressant – le bilan de Bob Bradley porte plus à discussion. Du côté des supporters havrais, pas évident de trouver des gens qui le regretteront réellement. Lundi soir, pour sa dernière annoncée contre le FC Sochaux Montbéliard, l’accueil fut correct mais glacial. Quelques sifflets à l’annonce de son nom lors de la composition des équipes. Comme le détaille Olivia Detivelle, co-présidente de la Fédération des Supporters du HAC, le public en voulait au coach américain pour son départ précipité : « Nous étions désabusés d’apprendre le départ d’un entraîneur début octobre, surtout un jour de match. Malgré cela, nous avions fait passer le message de soutenir l’équipe, car c’était un match capital à gagner. On avait peur que ce départ plombe le vestiaire et les joueurs. » La victoire a d’ailleurs facilité les adieux avec Bob Bradley : « Quand il est venu faire un signe au kop après-match, les gens étaient encore sur le fait de la fin de rencontre et d’applaudir les joueurs.« 

Duhamel_Le-Havre

Duhamel à plus de 15 buts en mai, on prend les paris ?

Un coach qui n’aura probablement pas répondu à la hauteur de l’attente qu’il pouvait susciter chez les supporters du club doyen : « On attendait beaucoup de lui, par rapport à l’aura qu’il avait et son statut de sélectionneur reconnu. Finalement, il nous a fait vivre une soirée du 13 mai exceptionnelle, mais on ne retiendra pas grand chose d’autre. Au fur et à mesure, ses exigences tactiques sont devenues incompréhensibles, la concurrence a disparu, son groupe de seize était inamovible. Son approche faisait beaucoup plus penser à celle d’un sélectionneur, il évoquait énormément la récupération, le rythme des efforts, toujours dans un contexte immuable. On ne le sentait pas imprégné de la culture club : c’est quelqu’un qu’on ne croisait presque jamais aux matchs des équipes de jeunes » détaille Floqe, fidèle supporter du stade Océane. Au-delà de la soirée du 13 mai, Olivia Detivelle évoque « la remontée orchestrée initialement par Christophe Revault. C’est une énorme pointure qui a rejoint le Havre, en Ligue 2, et finalement il nous laisse un sentiment d’inachevé. Notamment avec ce début de saison en demi-teinte. Même si en tant que supporter, on ne sera jamais en accord à 100% avec un entraîneur, il y a des choses qui nous interloquaient depuis le début de saison. »

Dans cette drôle de journée du lundi 3 octobre 2016, le HAC aura perdu un entraîneur de renom. A-t-il gagné au change avec Oswald Tanchot ? Nul ne le sait à l’heure actuelle. Toujours est-il que les joueurs vont désormais évoluer sous la coupe d’un entraîneur qu’ils apprécient énormément. Le professionnalisme de plusieurs cadres havrais les aura conduit au silence ces dernières semaines, mais s’il est bien un membre du staff qui fait l’unanimité au HAC, c’est Oswald Tanchot. Tout comme Christophe Revault. Deux hommes qui joueront un rôle majeur dans la suite de la saison sportive du Havre, en complément de l’effectif. Et du président Vincent Volpe, tout simplement parfait ce lundi. Prompt à délivrer des réponses claires suite au départ de Bob Bradley, Vincent Volpe ne semblait pas déconfit par cette fin d’histoire. L’entrepreneur américain avait imaginé ce scénario, même si le timing s’est précipité. Sans tergiverser, il a immédiatement appliqué la solution prévue de longue date. Et délivré les garanties nécessaires pour que son club ne perde pas de précieuses semaines. Aux joueurs et nouveau coach d’écrire la suite de l’histoire.

Crédit photo image de Une : ImageSport

Oswald Tanchot : « Je ne vais pas tout changer par rapport à Bob Bradley, mais… »

2 Commentaires

  1. Comment être surpris d’un départ « anticipé » ?
    Ne faut-il pas se poser la question de savoir pourquoi et comment est venu Bob Bradley ?
    Nous sommes très peu a avoir été extrêmement surpris de son arrivée !
    Que peut bien venir foutre un sélectionneur national des équipes des Etats-Unis et de l’Egypte au H.A.C. ?
    Je vois deux raisons majeurs :

    1) Moi Vincent Volpe repreneur et nouveau président du H.A.C., je veux marquer les esprits et promouvoir le club. Je demande donc à mon compatriote de venir signer.
    , tout en lui promettant que je ne m’opposerai pas a un départ inopiné.
    2) Moi Bob Bradley, j’ambitionne de coacher en Premier League et j’ai besoin d’un club pour assouvir mes espoirs de conquêtes britanniques. Je suis tellement Inside que je ne prends pas la peine d’apprendre et de m’exprimer en français… J’accepte donc le deal.

    Ce qui me dérange un peu quand même, c’est qu’il est désagréable de se faire marcher sur la « gueule » pour gravir une étape…mais bon les ricains…

    Son passage ?…passons à autre chose.
    Je ne lui souhaite rien de négatif…à dire vrai je m’en fout de Swansea.

  2. Pingback: MaLigue2 | Bilan - Reims et Le Havre : de favoris à tout petits - MaLigue2

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *