Entretien ML2 – Paul Fischer : « On peut parler d’une année de transition »

Champion de Ligue 2 en 2016, l’AS Nancy-Lorraine n’a pas réussi à confirmer à l’étage supérieur avec une descente immédiate. De retour dans notre championnat, l’ASNL ne s’avance pourtant pas dans la peau d’un grand favori à la remontée à la veille de se déplacer à Orléans pour la première journée. Le directeur sportif, Paul Fischer, évoque les dossiers de l’été et la situation actuelle de Nancy.

MaLigue2 : Qu’est-ce qui a manqué la saison dernière à Nancy pour se maintenir en Ligue 1 ?

Paul Fischer : Il nous a manqué pas mal d’efficacité offensive. Ce n’est pas un hasard si on a terminé à la plus mauvaise place des attaques (avec 29 buts marqués, comme Bastia). Avec ces chiffres, c’est difficile d’aspirer à quelque chose. Mais ce n’est pas non plus l’unique raison. C’est un tout, je pense que le recrutement effectué n’a pas non plus été tout à fait à la hauteur. On a connu une bonne période, on était bien placé à un moment et puis il y a eu une forme de relâchement. On a sans doute pris trop de confiance à un moment donné.

Cette descente est-elle digérée au sein du club ?

On le saura rapidement. C’est bien évidemment toujours difficile à digérer, d’autant que la majeure partie de l’effectif actuel était déjà là la saison dernière et a connu cette déception. J’espère qu’on saura tourné la page assez vite.

Sur le banc, Pablo Correa a été rapidement confirmé dans ses fonctions. Avec un esprit revanchard après cette saison ratée ?

Pour l’entraîneur, j’en suis certain. Pour les joueurs, c’est plus compliqué d’avoir ce ressenti, on verra sur le terrain. Après je ne sais pas si on peut parler d’esprit de revanche, mais je sais que Pablo a vraiment à cœur de faire mieux et de montrer autre chose avec ce groupe.

Nancy est l’une des formations de Ligue 2 les moins actives sur le mercato du côté des recrues. Le coach s’en est même inquiété récemment dans une interview. Pourquoi les choses traînent à l’ASNL ?

Vous savez, des joueurs, on peut toujours en prendre. Mais des bons joueurs qui correspondent à ce qu’on recherche et à notre projet, c’est plus compliqué. D’autant que les joueurs qu’on cible sont souvent sous contrat, donc ça complique les choses. A l’heure actuelle, en comptant les gardiens, l’effectif professionnel compte 22 joueurs. On attend encore forcément des renforts pour étoffer tout cela.

« Le dossier Dugimont est au point mort »

Vous êtes notamment intéressé par le profil de Rémy Dugimont, l’attaquant de Clermont. Où en est ce dossier ?

Pour le moment, c’est au point mort…

Patrik Eler est la seule recrue offensive. Nous ne le connaissons pas en France, quel est son profil ?

Le banc de l’ASNL lors de l’amical contre l’UNFP (crédit : ASNL)

Il a marqué beaucoup de buts la saison dernière, donc on attend de lui qu’il fasse la même chose chez nous. Mais il faut relativiser, car il vient quand même d’un championnat un peu plus mineur que la Ligue 2 (D2 Autrichienne). Il va falloir qu’il trouve ses repères, et le rythme sera forcément différent. Il ne sera pas opérationnel tout de suite mais il va pouvoir s’adapter.

Un relégué de Ligue 1 fait souvent office de favori à la remontée. Vous pensez que Nancy peut être placé dans cette catégorie à l’heure actuelle ?

C’est toujours difficile à dire. Quand une équipe descend, c’est toujours très compliqué de se reconstruire vite. Je pense qu’on peut parler d’année de transition, voire plus si jamais ça se passe bien. On fera le mieux qu’on pourra. Après bien sûr, Nancy se doit d’avoir des objectifs plus élevés que certains autres pensionnaires de Ligue 2, qui n’aspirent pas en début de saison à jouer le haut de tableau.

« Notre équipe est cohérente, mais l’équilibre est instable »

Le gros changement cette saison concerne également la pelouse. Fini le synthétique, et retour à l’herbe. Avec le recul, c’était un bon choix cette surface ?

A l’époque, on a fait ce choix car on avait aussi la possibilité d’amener un toit fermé avec les travaux. Mais on passe à autre chose. De toute façon, la Ligue ne veut plus des synthétiques et a rendu obligatoire le retour à l’herbe, donc la question ne se pose plus. Le synthé avait vieilli, donc c’est mieux de revenir à quelque chose de naturel.

Quel bilan tirez-vous de la préparation estivale, conclue par une victoire en amical contre Amiens (1-0), promu en L1 ?

Ce succès est peu significatif, car Amiens avait une équipe remaniée. Je pense que notre équipe est cohérente actuellement, mais il ne faut pas avoir de blessés, on est en équilibre instable. Et il pourrait être rompu à tout moment. C’est pour cela qu’on attend encore 3-4 joueurs. On débute à Orléans, on a suivi leur évolution. C’est une équipe qui a pas mal changé et voudra bien débuter à domicile. Elle sera très agressive et il faudra savoir répondre présent sur ce plan. Et encore plus en Ligue 2 qu’en Ligue 1.

Propos recueillis par Dorian Waymel

Crédit photos : ASNL.net

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