« Eviter que les équipes lâchent des matchs », le mauvais argument des play-offs

La Ligue de Football Professionnel a instauré un système de play-offs pour la montée en Ligue 1, qui concerne les équipes classées de la 5ème à la 3ème place à la fin de saison. Interrogé à ce sujet sur RMC, le directeur général Didier Quillot avançait l’argument suivant : « Comme en Ligue 2 il n’y a pas d’enjeu sur la Ligue Europa, seules les 4-5 premières équipes sont concernées par la montée. Là, le 5ème peut accéder à la Ligue 1. Et, mécaniquement, ça concerne jusqu’à la J38 des équipes jusqu’au 10-11ème rang ! Et les équipes ne lâcheront pas les matchs, car ils auront quelque chose à jouer. » Sauf que les faits ne confirment absolument pas cela…

Si l’on s’en réfère aux cinq dernières saisons, le 10ème de Ligue 2 a terminé son championnat avec, en moyenne, un retard de onze points sur le 5ème ! Autant dire qu’il ne jouait déjà plus rien à quelques journées de la fin. En étant encore plus large, on peut même reprendre le classement à l’issue de la J34, alors que 12 points sont encore en jeu. En 2012-2013, seuls les huit premiers étaient encore en course. Et la différence entre le 5ème et le 3ème n’étant que de 2 points, ils visaient directement la montée. En 2013-2014 et 2014-2015, les dix premiers pouvaient espérer atteindre la 5ème place. Mais avec des retards conséquents pour le 10ème qui aurait dû bénéficier d’un concours de circonstances incroyables…

L’an dernier, les équipes au-delà du 8ème rang n’étaient déjà plus concernées. Enfin, cette saison a plus que largement prouvé qu’un suspense insoutenable avec une folle dramaturgie pouvait bien exister sans play-offs. Avec six clubs à la lutte pour trois places lors de l’ultime journée. Des « finales » entre prétendants jusqu’à la J36. Et aucune équipe qui n’a véritablement « lâché » de rencontres… Les présidents de Ligue 2 ont souhaité l’instauration des play-offs, espérons qu’ils ne s’en mordent pas les doigts au moment d’arriver, éreintés, pour disputer la montée en Ligue 1 contre le dix-huitième de ce championnat. Avec, 8 à 9 matchs en 6 semaines pour boucler une saison déjà longue, soit deux de plus que le dix-huitième de Ligue 1 dans le même temps. Avec seize joueurs sur les feuilles de matchs contre dix-huit pour l’élite du football français. Sans oublier le désavantage du terrain au match retour. Une certaine idée du déséquilibre et de l’équité sportive, pourtant si chère au moment d’instaurer la vidéo

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