Entretien ML2 – Oswald Tanchot : « La remise en question doit être permanente »

Il est arrivé au HAC lors de l’été 2015, en qualité d’adjoint de Bob Bradley. Puis il a pris le relais du technicien américain quand ce dernier s’est envolé vers la Premier League à Swansea en octobre dernier. Destiné à devenir numéro 1 sur le banc du Havre, Oswald Tanchot a accepté ce rôle un peu plus tôt que prévu. Alors qu’il vient de voir sa mission prolongée de trois saisons, l’entraîneur normand évoque l’actualité de son club sur MaLigue2 avant le sprint final.

MaLigue2 : Oswald, vous venez de signer une prolongation de contrat jusqu’en 2020. Une belle preuve de confiance de la part de vos dirigeants pour travailler sur le long terme ?

Oswald Tanchot : J’ai surtout envie de dire qu’il s’agit d’une confiance mutuelle. Quand on se lance dans un projet, c’est bien de savoir que l’engagement est pris sur la durée.

Vous abordez le sprint final à neuf points du podium. Parle-t-on encore de montée du côté du Havre ?

Aujourd’hui, on voit bien que dans le football des choses imprévisibles ont lieu. Tant que mathématiquement ce ne sera pas fini, on peut toujours espérer se mêler dans la lutte pour la montée jusqu’au bout. D’autant que nous allons rencontrer pas mal d’adversaires du haut de tableau d’ici la fin de saison (Reims, Lens, Strasbourg, Amiens, Niort). Nous sommes bien repartis avant la trêve internationale et ce sont des beaux matchs à jouer. Peut-être qu’avec une dynamique positive on pourra se replacer, à l’image de la saison dernière.

Comment avez-vous meublé cette trêve internationale pour préparer la réception de Reims vendredi ?

Les joueurs ont été très consciencieux, nous avons beaucoup travaillé. C’est le cas pour toutes les équipes je suppose, mais je n’ai vraiment pas senti de décrochage dans mon équipe. Après, le point négatif concerne les quelques absents par rapport à nos dernières sorties, notamment Thomas Ayasse au milieu ou Steven Fortes en défense. Ce sont des joueurs importants mais j’ai confiance en mon effectif pour bien compenser et réaliser un gros match face à Reims.

« J’ai été parachuté dans cette nouvelle fonction »

Sur le plan personnel, vous avez dû remplacer au pied lever Bob Bradley en cours de saison, comment avez-vous vécu ce passage d’adjoint à numéro 1 ?

C’est sûr que quand on démarre une saison avec un staff, c’est pour qu’elle soit la plus belle possible et pour aller au bout. Maintenant, Bob a eu une opportunité de promotion, puisque la Premier League est un championnat qui le faisait rêver. Moi, on m’a demandé du jour au lendemain de prendre la relève. C’était prévu à moyen terme, mais pas aussi vite. La veille du départ de Bob, on préparait encore le match de Sochaux comme si de rien n’était. J’ai été parachuté dans cette fonction-là, qui est totalement différente du rôle d’adjoint. Certes, je connaissais déjà les joueurs, mais ce n’est plus la même manière de fonctionner. Je ne me suis pas posé beaucoup de questions et j’ai très vite endossé ce nouveau rôle.

Quelle patte souhaitez-vous mettre en place depuis votre intronisation comme entraîneur principal ?

Je n’ai pas envie de comparer à ce qui se faisait avant, car chaque coach dispose de sa propre philosophie et de sa manière de voir les choses. Je veux une équipe qui soit structurée, et qui soit efficace dans les transitions. J’aime avoir plutôt la possession, et trouver une organisation défensive stable. Maintenant je pense que le secteur défensif est notre point fort, et qu’on est assez performant dans ce domaine. Mais il nous manque le fait de marquer plus. On a beaucoup d’occasions et dans les matchs importants, il nous a manqué cette efficacité de savoir marquer et prendre les devants.

Vous n’hésitez pas à faire des choix forts devant avec le temps de jeu réduit de Mathieu Duhamel, les titularisations du jeune Nathaël Julan ou le retour progressif de Ghislain Gimbert dans l’équipe-type. Vous cherchez encore la bonne formule offensivement ?

La remise en question doit être permanente. La saison dernière, nous disposions d’un joueur très efficace, mais Lys Mousset est parti en Angleterre. Et nous avons eu du mal à compenser ce départ en terme d’efficacité. Chaque attaquant fonctionne plutôt par cycles, et je réalise aussi mes choix en fonction de l’investissement que je constate à l’entraînement. Ce problème offensif ne concerne pas que certains joueurs, mais l’ensemble du groupe les uns par rapport aux autres. Personne n’est écarté du projet. Je dois aussi veiller à savoir lancer de jeunes joueurs dans le grand bain.

« Peut-être qu’on s’est vus trop beaux… »

Comme beaucoup d’équipes de Ligue 2, Le Havre ne trouve pas vraiment de régularité dans ses performances. Comment analysez-vous ce manque de constance ?

Je pense qu’elle s’explique par notre inefficacité offensive. Quand tu restes longtemps sans marquer, cela instaure du doute dans l’équipe. Nous avons connu un trop grand trou d’air entre fin novembre et fin janvier. Or, la régularité est le bagage des bonnes équipes. Nous aurions dû savoir prendre des points même quand c’était difficile, mais nous n’avons pas su le faire.

La non-montée en fin de saison dernière a-t-elle aussi impacté l’équipe ?

Était-ce une déception ? Oui et non. On avait fait ce qu’il fallait pour y croire jusqu’au bout. Cette non-accession n’était pas ordinaire, ce n’était pas comme si nous avions fini 5e ou 6e à quelques points. Finalement, tout s’est joué pour un seul but sur 76 matchs : les 38 de Metz et nos 38 matchs. On y pense par rapport à un poteau, ou une action… Est-ce que ce dénouement ne nous a pas leurré ? Peut-être qu’on s’est vus trop beaux par rapport à la proximité de la Ligue 1 en fin de saison. On a peut-être cru que ça allait arriver naturellement. Mais ce trou de deux mois a été trop long. Il faut savoir faire perdurer les bonnes séries, et stopper les mauvaises plus vites.

Propos recueillis par Dorian Waymel

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