Entretien ML2 – Pierrick Valdivia : « Au RC Lens, ça a été Dallas pendant 4 ans ! »

A 28 ans, Pierrick Valdivia a retrouvé la forme physique. Celle qui lui avait manqué lors de sa 4e et dernière saison au RC Lens (2015-2016). L’ancien milieu de Sedan (2009-2012) puis de Lens (2012-2016) a rejoint Saint-Trond (Jupiler League) l’été dernier. Nous avons profité de la trêve internationale pour prendre de ses nouvelles. 

Pierrick, on vous avait quitté en Ligue 2 sur une très longue convalescence. Alors, aucune originalité, comment allez-vous et qu’aviez-vous ? 

Je vais très bien. L’an dernier, j’ai été pas mal absent. En réalité, et je ne m’attarderai pas dessus car c’est le passé, j’avais attrapé un gros hématome de 17 centimètres qui s’est calcifié au niveau du flanc droit. Après l’avoir enlevé, il y a eu des complications. J’ai été très bien pris en main par le Professeur Khiami. C’est d’ailleurs lui qui a permis à Julien Quercia, l’ancien Lorientais, de pouvoir rejouer au Luxembourg. Je ne le remercierai jamais assez.

Vous avez rejoint Saint-Trond, et vous avez terminé la saison régulière à la 12e place. Une déception ? 

Sur le plan collectif, nous allons disputé les play-offs 2. A vrai dire, ce n’était pas l’ambition du club au début de saison. Nous voulions titiller les cadors. On m’avait recruté avec ce discours. Puis, cela s’est avéré un peu plus difficile. Nous nous sommes vite penchés sur l’objectif du maintien. Il ne faut pas oublier, non plus, que c’est la deuxième année en Jupiler League pour le club. On dit toujours que la deuxième est la plus difficile. Pour moi, cela reste un petit échec car je voulais titiller les gros…

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Du coup, jouer les play-offs 2… ça manque de saveur ? 

Carrément. Cela aurait été tout autre chose. En play-offs 1, on aurait pu jouer l’Europe. Vous me direz, en poule 2 aussi, mais c’est d’un compliqué… Il faut finir premier de notre poule, jouer un aller-retour contre le premier de l’autre poule 2, puis disputer un match de barrage contre le 4e de la première poule… Je ne sais pas qui a inventé ce championnat, mais c’est très compliqué (rire). J’ai mis un petit moment à comprendre. C’est leur système.

Que vous a-t-il manqué pour disputer le play-offs des grands ?

Si j’avais eu la recette, je l’aurais appliquée… Il nous a manqué un buteur, je pense. Nous avons de bons jeunes attaquants, mais aucun killer. Quoi que nous en avons récupéré un au mercato hivernal, qui a directement fait ce que l’on attendait de lui. Personnellement, il a manqué un peu plus de concurrence… Le coach a un peu ses protégés.

« L’an prochain, je ne serai plus à Saint-Trond ! »

Justement, vous n’avez disputé que 13 matchs… Méforme ? Blessures ? 

Tout d’abord, je suis arrivé blessé. J’ai dû refaire une préparation intégrale. Je savais pertinemment que je pouvais pas débuter de suite la saison. Mais, par la suite, je pensais davantage jouer. Le coach avait son équipe en place. Il a fini par me lancer dans le bain. J’ai pu aligner de bonnes performances. Vers la fin d’année civile, j’ai commencé à être sollicité. Je devais partir cet hiver à l’Apoel Nicosie. Je voulais y aller. Jouer l’Europe, c’est une ambition légitime. On ne peut pas me l’enlever. Du coup, je suis entré un peu en conflit avec le club. Je ne jouais plus. Au départ, il faut savoir que mon entraîneur était d’accord que je m’en aille. Il comprenait bien la chance qui se présentait à moi.

Et il a changé d’avis ? 

Au retour du stage hivernal, il ne voulait plus me laisser partir, me promettant de jouer. Finalement, depuis, je ne joue plus. Je ne suis même plus dans le groupe. Le club s’est montré gourmand alors que je suis arrivé libre.

Essayez-vous d’en savoir davantage ?

On dirait que je suis un méchant garçon. Plus personne ne veut me dire la raison pour laquelle je ne suis plus dans le groupe. Mon agent Gad Cohen a essayé d’appeler le club, ça ne répond pas. C’est davantage extra-sportif… Maintenant, je veux retrouver le plaisir de jouer, tout simplement. Entre l’an dernier, ma blessure à Lens, et le fait que je ne joue plus aujourd’hui… Je veux m’éclater de nouveau.

Déçu, du coup, d’avoir tenté l’aventure belge ?

Du tout ! J’ai appris. J’ai découvert une autre culture. J’ai eu la chance de faire mes 13 matchs contre les plus grosses écuries du championnat. Je me suis régalé. En face, il y avait de très gros joueurs.

Difficile de poursuivre l’aventure à Saint-Trond ?

Il me reste deux ans de contrat. L’année prochaine, je ne serai plus à Saint-Trond !

Mais que pouvez-vous nous dire sur votre découverte de ce championnat ?

Il y a un vrai bon niveau. Je ciblerais la Jupiler League entre le très haut de tableau de Ligue 2 et le milieu de tableau de Ligue 1. Il y a de grosses écuries, comme Genk ou Bruges, qui représentent la Belgique en Ligue des Champions. Bon, ces équipes sont du standing de Lyon, Marseille et Saint-Etienne. Le championnat en lui-même est très bien. Ca joue au ballon, il y a des petits stades, mais toujours pleins !

Pas comme en France…

Quand je regarde la Ligue 1, je vois des stades comme le Vélodrome, pas vraiment rempli… ça fait con.

« Vraiment content pour Strasbourg »

Malgré votre départ en Belgique, que pensez-vous de la Ligue 2 version 2016-2017 ?

C’est un championnat vraiment très homogène. En haut, comme en bas, tout le monde peut monter, tout le monde peut descendre. Derrière le leader Lens, ça suit. Lens, il faut que ça monte. Ca sera très compliqué sinon. Les nouveaux actionnaires n’attendront pas longtemps. Et puis, Lens, ça mérite. Quand tu vois 38 000 spectacteurs… Ça me rappelle le match de la non-montée (rire). Plus généralement, je pense que ça va monter à 65 points, pas en-dessous. Même Nîmes, qui effectue un très gros championnat, peut y croire. Strasbourg, Troyes sont en embuscade. Le Stade Brestois aussi. Car chacun a son coup de mou une fois dans la saison. Et pour Brest, je pense que ça ne pouvait pas tomber mieux, juste avant le sprint final.

« Ce stade, cette ambiance, ça ne peut être qu’au plus haut niveau français. »

Pas surpris de voir des clubs comme Strasbourg et Amiens à ce niveau ? 

Cela reste des promus, mais ils ont su parfaitement recruter. De l’expérience. Ils surfent sur une réelle dynamique, comme Bourg l’an passé, ou Niort il y a deux ans. Strasbourg a recruté des joueurs d’expérience de L2. Mais aussi des jeunes, comme Baptiste Guillaume, un très bon attaquant, un joueur que j’adore. Aujourd’hui, ces deux clubs ne me surprennent pas. La deuxième année sera sûrement plus délicate si ça ne monte pas. Après, je suis vraiment content pour Strasbourg. Ce stade, cette ambiance, ça ne peut être qu’au plus haut niveau français.

Revenons à votre longue période lensoise. Vous avez disparu un peu mystérieusement du paysage lensois après 3 très bonnes saisons, dont une première à 11 buts… Y a-t-il eu un manque de reconnaissance ?

Non… C’est toujours dur de revenir à du foie gras quand que tu as donné du caviar. Dans un grand club comme Lens, ce n’est pas simple. Mais je tiens à rappeler que lors de ma première année, j’étais électron libre. Coach Siko (Eric Sikora) me laissait faire ce que je voulais. Derrière, j’avais des gars comme Jérôme (Le Moigne, Ndlr) qui défendaient pour moi. Antoine Kombouaré, à son arrivée, m’a mis en 6 pour alimenter les attaquants. Il y a beaucoup de gens qui n’ont pas compris. Mais, à la base, je n’ai jamais été un buteur (rire). Ma meilleure saison, en termes de stats, reste 2012-2013. Ma plus belle, c’était en Ligue 1, avec 36 titularisations. Je me suis régalé, même si cela a été dur…

Le tout dans une période lensoise très particulière…

Lorsque je suis arrivé, je savais dans quoi je m’embarquais. Mais j’avais un accord moral avec Gervais Martel. Il avait d’ailleurs avoué qu’il ne serait plus président. Puis, l’année d’après, il revient. Lens, ça a été Dallas pendant 4 ans. Heureusement que dans l’équipe, nous étions très soudés. Cela aurait pu partir en sucette ! L’année où nous montons, nous allons jouer à Amiens… A Bollaert, nous aurions gagné plus de matchs. Après, il y a eu Mammadov, pas Mammadov. Des joueurs qui devaient rester, etc…  J’ai fait mon boulot. J’ai passé 4 années magnifiques à Lens, en exceptant ma blessure lors de la dernière saison…

C’est à dire ?

J’ai été un peu laissé de côté. Pas des joueurs, non. Des gens, en interne, n’ont pas eu le courage de venir vers moi. C’était petit. Mais ça ne m’étonne pas. C’est le football. J’avais une blessure. Je savais que je n’étais pas fini. Et pourtant, on s’est permis de me salir. De dire que j’avais mis un terme à ma carrière. Je n’ai pas apprécié.

Pourtant, à 28 ans, vous avez encore toute la carrière devant vous. Que recherchez-vous pour l’an prochain ? Un retour en France ? En Ligue 2 ? 

Je ne sais pas. Je suis à 100% de mes capacités pour bien reprendre avec mon futur club. Revenir en France, pourquoi pas. La Ligue 2, je kiff. Pourquoi ne pas retenter une aventure à l’étranger. Mon choix sera sportif, là où je pourrai m’épanouir. Avec un minimum d’ambition. Celle de monter, celle de se maintenir.  Mais je veux reprendre du plaisir. J’ai toujours la joie de vivre. Je n’attends que ça. Et puis l’ambiance, aussi, c’est vrai. A Saint-Trond, il y en a un peu. Mais quand tu as goûté Lens, c’est difficile d’avoir mieux.

C’est un peu la même histoire que le foie gras et le caviar, ça, non ?

(Rire) C’est la même !

Propos recueillis par Laurent Mazure

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